Avec Marie, l'union à Dieu




« la Vierge immaculée (…) fut élevée corps et âme à la gloire du ciel » (Lumen Gentium 59)


«Nous affirmons, Nous déclarons et Nous définissons comme un dogme divinement révélé que l'Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la vie céleste.»


Le 1er novembre 1950, le Pape Pie XII proclamait ainsi le dogme de l'Assomption par la constitution apostolique Munificentissimus Deus. Depuis des siècles, la Tradition de l'Église mûrissait une théologie mariale qui trouve en ces mots le contenu de la foi déjà exprimée par tant et tant de croyants au cours du temps.



Comment vivre aujourd’hui avec Marie, qui connut un tel événement, si éloigné de nos propres expériences ?

Comment ne pas nous sentir à des années-lumière d’une femme si extraordinaire ?


Contemplons.


Et si, finalement, Marie, humble femme, ne nous montrait pas simplement le chemin d’un choix « grand » ? Marie ne vit-elle pas simplement de manière extraordinaire les choses ordinaires ?



Qu’est-ce que l’Assomption de Marie ?

Ce n’est pas un voyage extraordinaire, décidé par Marie, en vue de rejoindre son Dieu par elle-même. Marie « est élevée ». Elle ne s’élève pas.


Étymologiquement, le terme « assomption » vient du latin ad sumere qui signifie « être transporté vers ».

Par-là, il se distingue du terme « ascension », qui vient du latin ascendere, qui signifie monter soi-même.


Marie ne s’élève pas. Elle est transportée vers Dieu. Elle est portée, elle est attirée vers Dieu, en Dieu.

Marie n’accomplit pas une action extraordinaire. Elle se laisse faire, transporter, élever. Comme une amante s’abandonne dans les bras de son amant.



Et, en cette fête de l’Assomption, nous sommes invités à contempler ce mystère d’union à Dieu auquel nous sommes tous appelés. Car, si Marie est déjà dans la gloire de Dieu, corps et âme, nous savons que, de même, tous dans le Christ nous connaîtrons cette union à Dieu dans sa gloire.


Dieu « [anticipe] en Marie la promesse du bonheur, du salut, qu’il fait à tout homme et à toute femme : l’Assomption propose aux chrétiens de voir en Marie une image de leur destinée future et un gage de la réalisation de la promesse.» (Monseigneur Pierre Dubost, évêque émérite du diocèse d’Évry Corbeil-Essonnes)


Marie « représente et inaugure l’Église en son achèvement dans le siècle futur, de même que sur cette terre, en attendant la venue du Seigneur, elle brille déjà comme un signe d’espérance assurée et de consolation devant le peuple de Dieu en pèlerinage. » (Lumen Gentium §68)


Si notre vie est un pèlerinage terrestre et nous prépare au Ciel, la fête de l’Assomption peut être pour nous l’occasion de contempler Marie, déjà corps et âme dans la gloire de Dieu. Marie, nouvelle Eve ; Marie, figure de l’Église ; Marie, figure de l’homme croyant.


A l’Assomption, Dieu révèle en Marie la promesse du bonheur, du salut, qu’Il fait à tout homme, à toute femme. Nous sommes faits pour le Ciel. Et Marie montre un chemin sous nos yeux.



Qu’est-ce que la sainteté ?

« La sainteté ne consiste pas à accomplir des œuvres exceptionnelles, mais à vivre de façon extraordinaire des choses ordinaires », affirmait Jean-Paul II, en 2001, à l’occasion de canonisations.


Marie est si amoureuse de Dieu, qu’elle est littéralement élevée au Ciel jusqu’à l’objet de son amour !


Quelle beauté que cet amour ardent ! Marie témoigne, à son insu, d’une façon extraordinaire de vivre l’amour de Dieu.



Qu’est-ce que l’amour ?

« C’est se donner librement et de tout son cœur à l’autre. » (Youcat §402)


Marie se donne librement, et de tout son cœur ; elle donne tout son cœur. Elle est pure, c’est-à-dire détachée de toute attache, pour s’attacher toute entière à Dieu.



Comment vivre ce détachement, lorsque nous sommes préoccupés de tant de souffrances, de tant d’inquiétudes, de tant de soucis quotidiens ?


Contemplons Marie.


Marie n’est pas préservée de tout souci.


A Nazareth, elle est donnée à l’Enfant conçu en son sein ; que d’occasions de s’inquiéter, de se faire du souci !

« Comment cela va-t-il se faire ? » (Luc 1, 34) « L’ange lui répondit : "L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre." (…) Marie dit alors : "Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole." » (Luc 1, 35-38)


Marie se fait servante. Elle n’entend pas maîtriser le déroulement des événements. Elle laisse les soucis dans les mains de Dieu. Tout lui adviendra selon sa Parole. Elle se fait obéissante, à l’écoute.


« la puissance du Très-Haut te prendra »

Déjà à l’Annonciation, la puissance de Dieu prend Marie sous son ombre. A l’Assomption, Marie ne s’élève pas. Elle est élevée vers son Dieu. Marie est toute abandonnée, toute transportée, toute prise, toute éprise.


Chemin d’abandon.


A Cana, elle est donnée aux hommes, et elle les aide à porter leurs soucis. N’est-ce pas elle qui vient prévenir son Fils ?

«Ils n’ont plus de vin. » «Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » «Faites tout ce qu’Il vous dira. » (Jean, 2, 3-5)


Marie est servante. Elle n’entend pas contrôler son Dieu. Marie conduit les hommes vers Dieu ; elle les conduit à l’obéissance, à l’écoute.


Étudier l’étymologie du terme « obéissance » est très intéressant : le mot vient du latin oboedire, ob, « en face », et audire, « écouter ». Obéir, c’est se mettre en face, écouter, se mettre à l’écoute.


« Obéir, c'est d'abord être à l'écoute, accepter de ne pas rester centré sur soi-même ou de rejeter l'illusion qu'on s'est fait tout seul. » P. Bruno Cazin, vicaire général du diocèse de Lille.


Marie conduit les hommes sous l’ombre du Très-Haut, à l’écoute de sa Parole.


Chemin d’obéissance.


Contemplons Marie. Elle n’est pas préservée de tout souci. Nazareth, Bethléem, Cana, Jérusalem… Marie vit dans le monde, avec les préoccupations du monde. Mais elle n’est pas esclave du monde. Elle ne laisse pas le monde l’envahir. Elle est servante de Dieu ; elle Lui confie ses soucis, elle ne s’y attache pas. Elle est libre de ses soucis ; elle n’en est pas submergée. Elle est pure, sans lien d’esclavage. Elle unit sa volonté propre à celle de Dieu. Dès lors, elle est tout prise, toute transportée, toute éprise de Dieu. Telle une amoureuse transportée par l’amour. Abandonnée.


Marie est remplie de l’amour de Dieu, et sa joie déborde. Cela demande une disposition d’abandon tout actif, qui ne procure ni tension, ni tristesse. L’abandon dilate le cœur aux dimensions du cœur de Dieu. Nous voici libres pour Dieu, Il se penche sur nous, Il peut déverser Son amour en un cœur tout ouvert.



Contemplons Marie.


Et si, finalement, Marie, humble femme, ne nous montrait pas simplement le chemin d’un choix « grand » ?

Marie a choisi le chemin de l’écoute, de l’obéissance, de la correspondance de sa volonté propre à la volonté de Dieu, de l’abandon tout entier à l’amour. Le chemin de la sainteté.


Marie nous apprend à nous laisser prendre par Dieu, à rayonner de la joie profonde que connaît une âme emplie d’amour ; joie qui peut se superposer aux épreuves. Car en travaillant à faire de nos épreuves quelque chose d’accepté, quelque chose de donné, nous purifions notre cœur, nous le rendons libre, capacité à se remplir de quelque chose d’autre. L’acceptation de l’épreuve suscite un état d’abandon, une sérénité, qui est la source de la joie profonde.


Marie nous apprend aussi à vivre dans l’intimité avec Dieu. Elle est fille du Père, comme nous tous. Elle est Mère du Fils. Elle est épouse du Saint-Esprit.

En nous imprégnant des vertus de Notre-Dame, nous entrons dans ce chemin : nous devenons de plus en plus enfant du Père, nous recevons le Fils – par les sacrements, Dieu Se donne –, nous apprenons à vivre dans l’intimité de l’Époux, du Saint-Esprit.



Nous sommes alors invités à suivre l’attitude de Marie :

"ecce", me voici : me voici libre, disponible, et non pas encombré de soucis, de préoccupations, d’attaches… Me voici qui porte mon regard vers l’essentiel, vers Dieu.

"fiat", qu’il me soit fait selon votre parole : me voici disposé à écouter, à m’abandonner à Dieu, me voici non retenu prisonnier par les réalités du monde.

"magnificat", j’exulte de joie en Dieu mon Sauveur : me voici libre pour Dieu, Il se penche sur moi, Il peut déverser Son amour en un cœur qui se veut grand ouvert. Et la joie alors en déborde ! La joie de cette vie d’union à Dieu.



Belle fête de l’Assomption de Marie, avec Marie !


Puissent nos âmes nourrir de si puissants désirs qu’elles connaissent, de temps en temps, ces élans irrésistibles d’amour de Dieu, ces moments d’union à Dieu, instants de vie éternelle.




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Le visage du Fiat.

Une présentation du livre du Secret de Marie, qui donne son nom au blog.

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