Avec Marie, être disponible




Le 21 novembre, l’Église fête la Présentation de Marie au Temple. Cet épisode de l’enfance de Marie n’apparaît pas dans les Évangiles, mais on le raconte déjà dans les communautés primitives. Il nous est rapporté dans le protévangile (1) de Jacques, daté du milieu du IIème siècle. La tradition nous apprend que les parents de Marie, Anne et Joachim, présentèrent leur fille au Temple dès son plus jeune âge, pour la consacrer à Dieu.


Note (1) : "protévangile" signifie "qui est immédiatement antérieur à". Ce nom a été donné au texte de Jacques le Mineur car il porte sur les événements antérieurs à ceux qui sont relatés dans les quatre évangiles canoniques.




Quelle nourriture spirituelle recevoir en cette fête liturgique ?


Contemplons Marie. Depuis toujours, son cœur est entièrement dédié à Dieu seul. Marie est toute consacrée à son Seigneur.



L’Écriture révèle des bribes de l’amour de la sainte Vierge Marie… Elle ne la montre pas bavarde, c’est le moins que l’on puisse dire ! Mais les paroles de la Vierge témoignent de ce qu’elle est.

« Marie dit alors : "Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta parole !" » (Luc 1, 38)

« Marie dit alors : "Mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur" » (Luc 1, 46)

« Sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. » (Luc 2, 51)


Marie est servante. Marie loue et rend grâce. Marie est une femme du silence et de l’adoration. Marie est vierge et mère. Marie est toute réservée à Dieu.


Petites méditations sur ces points, à l'école de Marie...




Servante du Seigneur


A la Toussaint, le 1er novembre dernier, nous avons entendu en paroisse une homélie qui a profondément résonné en moi.


S’appuyant sur la Première lecture (Apocalypse 7, 2-4. 9-14), le prêtre nous fit remarquer que les fils de Dieu sont serviteurs. Son enseignement ne visait aucunement notre engagement dans la Cité, l’obéissance aux règles ou quoi que ce soit de social. Il attirait notre attention sur une disposition intérieure, une manière d’être de notre cœur.


C’était un dimanche, jour de joie et d’espérance. Et la Parole de Dieu révélait que le salut vient sur ceux qui sont marqués du sceau, les serviteurs de notre Dieu.

Serviteurs

En quoi sommes-nous serviteurs ? L’Église n’est pas une boutique où le prêtre est serviteur des clients. Dans l’église, nous attendons le prêtre, celui qui, revêtu du sacrement de l’Ordre, nous rappelle à chaque célébration de l’Eucharistie que le Père a envoyé son Fils. Nous attendons dans le silence, parce que nous sommes des serviteurs.

Dans la Bible résonne de nombreuses fois le verbe 'écouter'.

« Écoute Israël, le Seigneur notre Dieu est l’Unique » (Deutéronome 6, 4)

Sommes-nous à l’écoute, comme Marie, réservée à son Dieu ?

Suis-je ce serviteur qui attend son Dieu ? – Cette période d'absence de messe avec assemblée peut alors éveiller mon attente !


Dans la Parole de Dieu, ceux qui sont marqués sont ceux qui se considèrent et qui ont travaillé comme des serviteurs.

Est-ce que je suis un serviteur de ce Dieu qui a envoyé son Fils et qui veut faire de moi une petite lumière qui brille, un feu auprès duquel les autres peuvent se réchauffer ?


« Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde… » (Matthieu 5, 13-14)


« Si vous êtes ce que vous devez être, vous mettrez le feu au monde entier ! »

(Sainte Catherine de Sienne)


Car c’est cela l’enjeu : mettre le feu au monde ! Être témoins de l’espérance qui nous habite ! Nous savons que Dieu est là, nous savons qu’Il s’occupe de tout, même si nous ne comprenons pas tout, et que tout ne tourne pas comme nous aimerions que cela tourne... Être engagés comme serviteurs de notre Dieu, et se laisser faire par Dieu, pour se laisser remplir de sa lumière et rayonner à notre tour de la joie d’être enfants de Dieu, de la joie d’être aimés, de la joie d’être sauvés !


Voulons-nous servir ?

Encore une fois, il s’agit ici d’une disposition intérieure à cultiver ; je ne parle pas du tout sur le plan de l’engagement dans la Cité. Mais, voulons-nous nous laisser habiter de cette espérance qui porte les serviteurs de Dieu, pour témoigner de la Présence de Dieu au cœur même des épreuves ? Voulons-nous rayonner de cette joie des enfants de Dieu qui savent que leur Père s’occupe de tout, quelles que soient les circonstances ?




Silence et adoration


Ces temps-ci où les Messes sont dites par les prêtres, sans assistance des fidèles, les églises peuvent rester ouvertes. Que d’occasions pour nous de rendre visite à notre Dieu qui nous attend ! Jésus est là, aujourd’hui, dans le très saint Sacrement, au tabernacle. Il n’y a qu’une journée dans la liturgie catholique, où les tabernacles sont vidés de la Présence réelle : Vendredi saint. Mais ces temps-ci où les règles sanitaires influent sur le mode de célébration du sacrement de l’Eucharistie, Dieu reste présent, Dieu est là, au milieu de nous, dans nos églises. Il nous attend, dans le silence, pour que nous L’adorions dans sa Présence.


La « chaîne du Padre » l’exprime en chanson, « Juste une heure avec Toi »… :

(Le lien vers la chanson se trouve à la fin de l'article.)


« Accueillir ta présence en moi »

« Contempler dans ton cœur l’insaisissable amour qui bannit toute peur »


« Ne rien dire, ne rien faire, être et se laisser faire, rechercher ce qui va te plaire

M’abandonner en Toi, pauvre être de poussière, exister par ta lumière

Et de cette alchimie je deviens ton ami moi qui n’étais que serviteur

Tu me redonnes vie au cœur de cette nuit »


« Et pour te rencontrer ô Seigneur apprends-moi ce qu’est la vraie prière

Être et se laisser faire… »


« Mettez tous vos soucis dans la main de Dieu parce qu’il prend soin de vous » (1 Pierre 5, 7)




Louange et action de grâce


A l'école de Marie, chanter les louanges quotidiennes...

Un charmant petit livre m'a été offert : Méditations et bénédictions pour les mamans, Karine-Marie Amiot et Marie Pertriaux. Page 46, on y trouve une perle :

« J’ai décidé

De ne jamais m’endormir,

Avant d’avoir

Relu ma journée,

Et remercié,

Pour trois jolies choses.


Trois petites fleurs de joie…


Une jolie lecture,

Un compliment reçu,

Un rayon de soleil d’hiver. »


A cultiver ainsi louange et action de grâce dans le quotidien de nos journées, le cœur se dilate !




Virginité et fécondité


Depuis 1953, la fête de la Présentation de Marie au Temple est aussi la « Journée Pro Orantibus », consacrée aux communautés de vie contemplative du monde entier. Occasion pour nous de rendre grâce au Seigneur pour le don de la vie cloîtrée, pour toutes ces personnes qui contribuent à l’édification du Royaume de Dieu en offrant au Seigneur une prière incessante et continue.


Me reviennent alors quelques lignes de Marcel Clément, lues dans La joie d’aimer (1959).


« La vie sacerdotale ou religieuse, et aussi, quoique d’une autre manière, le célibat offert à Dieu dans le monde, sont des vocations qui invitent à consentir, dès le début de la vie, [les] ultimes sacrifices. »

[les sacrifices d'un appui conjugal, de l'affection des enfants...]


Ces jours-ci où, en France, nous sommes confinés, où nous ne sommes pas autorisés à nous retrouver entre amis, à rencontrer des personnes nouvelles, à nourrir nos relations humaines « en présentiel », je pense beaucoup à toutes ces personnes qui vivent seules, et mes amis célibataires ont une grande place dans mes prières.


Les lignes de Marcel Clément viennent donner une lumière d’espérance sur cet état de solitude, de virginité dans le célibat. Car si elles se prêtent aux personnes engagées dans la vie sacerdotale ou religieuse, elles s’adressent aussi aux personnes qui offrent leur célibat – momentanément ou définitivement – à Dieu dans le monde. Et l'auteur y chante la fécondité de la virginité.


« Un cœur vierge, au sens véritable du mot, n’est pas un cœur sec. C’est un cœur vide, ce qui est différent.

Un cœur vide des soucis du monde. Vide des affections du monde. Un cœur qui n’est pas encombré.

Un cœur qui se réserve pour un seul amour. Qui entend ne s’emplir que d’un seul amour.

Telle est Marie, la Vierge immaculée

Toute réservée pour son Seigneur.

Toute pure dans son offrande totale

Toute obéissante dans son « fiat ».

La virginité n’est pas stérile.

Si l’amour qui partage le cœur peut être fécond, combien plus le sera l’amour sans partage.

La Vierge Marie donne son Fils au monde

Et de même les cœurs vierges

Ceux qui par amour se réservent uniquement pour se donner à Dieu,

Dans le temps et dans l’éternité

Par leurs prières, leurs sacrifices, collaborent à la Rédemption.

Invisiblement, ils rachètent des âmes, et cette paternité, cette maternité spirituelles sont, le plus souvent, ignorées du monde, mais n’en sont pas moins d’une admirable fécondité. »




Vous rappelez-vous d’où vient le nom de ce blog ?

« Le Secret de Marie »

Nous l’avions présenté dans l’article du même nom : Le Secret de Marie.

Ce blog tire son nom du titre donné à une lettre par saint Louis-Marie Grignion de Montfort.


Qu’est-ce que ce « secret » ?

C’est l’esclavage d’amour de la sainte Vierge, qui entraîne au don total de soi à Jésus par Marie.

Comment ?

Par la consécration à Jésus par Marie.


Alors peut-être est-ce en cette fête l’occasion de découvrir ou de nourrir la spiritualité de la consécration de nos cœurs à Jésus par Marie. Peut-être est-ce l'occasion de lire ou de relire l’article du Secret de Marie , qui expose d’abord ce qu’est la consécration à Jésus par Marie, avant de proposer quelques moyens de vivre cette consécration. Les témoignages ensuite illustrent la simplicité de cette vie de consacrés ; on les découvre dans l'article Vivre avec Marie au quotidien.



Belle fête de la Présentation de Marie au Temple !


(Retrouvez la chanson "Juste une heure avec Toi" sur "La chaîne du Padre" : https://www.youtube.com/watch?v=kBz0lzjd9_E )



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