• Marie D

Histoire d'amour


Dans nos églises, au tabernacle - quelles que soient les mesures sanitaires en vigueur - , Dieu est présent. Dieu est là, au milieu de nous, l'Emmanuel. Il nous attend, dans le silence, pour que nous L’adorions dans sa Présence. C'est pour nous croyants, une grande source d'espérance, au cœur des tribulations quotidiennes.



Mais qu’est-ce qu’adorer ?

Je vais essayer de parler de l’Adoration.


Mais je vais surtout essayer de ne pas dire grand-chose.


Parce que l’Adoration, c’est une histoire d’amour. Et que finalement, c’est à chacun de vivre son histoire, de vivre d’amour.




Il n’y a pas de recette

Oui, c’est cela : c’est une histoire d’amour. Et si l’un d’entre vous désire murmurer des mots d’amour à celle qu’il aime, personne ne pourra lui dicter ces mots. Ces mots, ce sont les siens. Il n’y a pas de recette.


Vous me direz qu’il y a de fortes chances pour que ce soient trois mots banals, que tout le monde répète à chaque génération : « je t’aime ».


Oui. Mais chaque « je t’aime » est chargé d’amour, chargé d’intensité, d’une intensité que personne ne peut prévoir, planifier à l’avance. On dit « je t’aime » à celle qu’on aime, les yeux dans les yeux, sans calculer par avance comment on va le dire, comment on va se dévoiler, s’offrir, dans ce « je t’aime ». Et peut-être qu’on n’arrivera même pas à prononcer ces mots-là, qu’on se noiera dans le silence. On ne sait pas à l’avance. Sinon, on est dans le calcul, on avance masqué... Et ce n’est pas de l’amour. Non : on se jette à l’eau. On dit « je t’aime » à celle qu’on aime, les yeux dans ses yeux, sans maîtriser l’étincelle qu’il y a dans son regard à elle. On reçoit. On ne maîtrise rien du tout. On répète les mots que des générations ont déjà prononcés. Et c’est toujours nouveau.


Alors, je pense que c’est cela l’Adoration. Et pour cela, il n’y a pas de recette.




Ce n’est jamais pareil

Il n’y a pas de chemin tout tracé, une fois pour toutes. On plonge dans un mystère. Et chaque fois c’est différent, parce que toujours plus profond.


On répète « Jésus », « mon Seigneur et mon Dieu », « je T’aime ».

Toujours les mêmes mots, pas de longs discours. Dieu se donne dans le silence. Ce sont toujours les mêmes mots, et ce ne sont jamais les mêmes. Parce qu’ils sont chargés de l’intensité du moment, de l’intensité de la relation entre Dieu et nous.




L’intensité d’une rencontre

Dieu se donne dans le silence. Adorer, c’est rencontrer Dieu, prendre conscience avec intensité que Quelqu’un est là. Et on a besoin de se vider de nos discours pour écouter dans le silence.


Adorer Jésus présent dans l’Hostie consacrée, c’est être là, avec Jésus ; se tenir en sa compagnie.

Comme deux amis qui sont heureux d’être ensemble et qui n’éprouvent pas le besoin de parler.



Comme une personne aveugle parle à une autre personne. Elle sait qu’elle est en la présence de l'autre parce qu’elle a la certitude qu’elle est là, mais elle ne la voit pas.

C’est cela, vivre de foi.


Si quelqu’un porte un bandeau sur les yeux, et qu’il distingue quelque chose à travers, il maîtrise encore un peu... La personne aveugle, elle, est obligée de se laisser faire, de faire confiance, totalement, de vivre de foi.




Une histoire d’amour fou

Adorer, c’est aimer, et se laisser aimer.


Accueillir en vérité la Parole de Dieu. En S’incarnant, en prenant chair, Dieu nous dit : « je t’aime »,

« je viens demeurer chez toi » (Luc 19, 5),

« mon plaisir est en toi » (Isaïe 62, 4),

« je vais t’unir à moi » (Isaïe 54, 7).


C’est trop grand pour qu’on puisse dire un mot... C’est incompréhensible. Nous pouvons entrevoir de temps en temps une explication... Nous avons la raison pour cela, pour comprendre ce que Dieu nous révèle. Mais pour comprendre totalement, notre intelligence est limitée, nous n'avons pas les mots pour dire...




Une histoire de silence

C’est cela, adorer.

En latin, on dit 'ad orem', devant la bouche. Avoir un voile devant la bouche.

Adorer, c’est ne plus pouvoir sortir un mot.


Être là. Avec Jésus. Comme deux amis heureux d’être ensemble.

Brûler du temps pour Jésus. Pour Lui témoigner notre amour.


Il est parfois dur de se taire, de faire silence, de rester sans bouger devant Quelqu’un d’aussi peu bavard...

Brûler du temps ; se tenir là, tel qu’on est, dans une intimité d’amour.

Je crois. Je crois que Tu es là, que Tu me regardes, que Tu m’aimes, que Tu T’occupes de tout. Et moi je n’ai qu’à être là, à me laisser embrasser par ton regard, ton regard d’amour. Tu m’aimes tel que je suis, et non pas avec le personnage que je pourrais jouer...


Se mettre devant Dieu, tout nu, comme on s’expose au soleil d’été. On ne sent rien. On reçoit. On se reçoit.

Mon Dieu, Tu es là, et Tu m’aimes, moi, Tu me choisis pour vivre avec moi. Tu me choisis, moi, tel que je suis. Avec mes bons et mes moins bons côtés.


Et cette séance de bronzage nous rend lumineux comme Dieu est lumineux. L’adoration rend notre cœur de plus en plus semblable au cœur de Dieu. Car on imite, même sans y prendre garde, ceux qu’on aime vraiment profondément.


Dieu est heureux de venir en nous. Si nous Le laissons faire, Il rend notre cœur semblable au sien, plein d’amour et de joie.




Offrir les petites difficultés

Quand nous nous dispersons dans des distractions, le meilleur cadeau que nous puissions offrir à Celui qui reste présent, c’est de revenir vers Lui.

Jésus, je suis là. Je T’aime. Je T’offre mes distractions ; je choisis de les abandonner, pour brûler du temps pour Toi et Te montrer que je T’aime, Toi, plus que mes distractions.


Et surtout, ne jamais porter de jugement sur notre prière.

Ce sont peut-être tous nos petits actes de retour vers Dieu présent dans l’Hostie qui sont les perles que Dieu reçoit, bien plus qu’autre chose.


Adorer. Faire silence. Dieu veut Se donner à nous.

Pour trouver de l’aide dans ce silence, on peut lire un passage de l’Évangile. Écouter Dieu. Recevoir. C’est à moi que Dieu s’adresse.

« Tu as du prix à mes yeux et je t’aime » (Isaïe 43, 4).

Dieu nous cherche. Laissons-Le nous trouver. Laissons-Le entrer chez nous.




Comme le propose Lise dans cet article, il est possible d’assister ou de nous unir par la prière aux Veillées pour la Vie organisées la veille du Premier dimanche de l’Avent, samedi 28 novembre 2020. Au cours de ces veillées, un temps d’Adoration est proposé. Vous pouvez consulter le blog des Veillées pour la Vie pour savoir où ont lieu de telles veillées, ou bien sur quels médias elles peuvent être retransmises.