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  • Photo du rédacteurMarie D

Votre café, avec ou sans sucre ?

Et votre journée ? Avec ou sans Dieu ?


Chaque matin, nous avons le choix : ajouter – ou pas – le carré de sucre qui viendra transformer le goût de notre café !


De même, la question de laisser Dieu imbiber nos journées se pose chaque jour !

« Revenez à moi de tout votre cœur »

C’est dans la bouche de Joël que nous avons entendu cette parole Mercredi des Cendres (Joël 2, 12-18).


Tout le sens du Carême est ici donné : 40 jours de conversion, 40 jours pour revenir, nous tourner vers – c’est le sens du mot ‘conversion’ – Dieu, de tout notre cœur.


Comment, dans notre quotidien si rempli, ajouter un moment pour nous tourner vers Dieu ?


C’est certainement le combat intérieur de nombre d’entre nous.


Et pourtant, c’est le but de toute vie : chercher l’union à Dieu.



Peut-être sommes-nous invités à transformer notre regard :



Dieu nous offre 24 heures chaque jour !
Qu’en faisons-nous ?


Ne sommes-nous pas invités à les habiter avec Lui, plutôt qu’à chercher vaille que vaille à en ajouter toujours plus, et nous retrouver en fin de journée, déçus de n’y avoir pas réussi…?


*****


Personnellement, je préfère le café sans sucre. Alors je vais changer de métaphore...


C’est peut-être une histoire de teinture, plutôt que de rapiéçage laborieux et inutile…


Pour obtenir une blouse bleu marine à partir d’une chemise jaune pâle, je ne vais pas ajouter des pièces de tissu bleu au vêtement mais placer ma chemise dans le tambour de ma machine à laver le linge, ajouter teinture et sel pour bien fixer le tout, et lancer le programme !





Quels moyens mettre en place pour teinter notre journée de présence à Dieu ?



Voici des témoignages tout simples : un petit florilège de moyens tout à fait concrets choisis pour habiter notre temps avec Dieu.



*****



En famille, avec Dieu

« Sois sans crainte ni frayeur, car le Seigneur ton Dieu est avec toi dans toutes tes démarches. » (Josué 1, 9)

Le Carême est une joie car il permet de se rapprocher du Christ. C’est aussi une épreuve, puisqu’il nous met face aux défis que nous avons à relever pour mieux suivre le Christ et son chemin de Vérité, et les embûches que nous pouvons rencontrer sur la route. Mais c’est une période bénie pour grandir avec Lui.


En famille, chacun pioche chaque matin un effort pour la journée et le dépose aux pieds du Christ dans notre chemin de Carême. Cela nous rappelle qu’Il nous accompagne chaque jour. Le soir nous relisons notre journée pour faire le point. Et je suis surprise de la capacité de recul des enfants, même si jeunes.


De mon côté, je m’appuie sur deux parcours proposés en ligne : @careme_au_feminin et "Maman, Dieu te parle dans les Écritures pendant ce Carême" ici sur Hosana. Avant que les enfants ne se réveillent, je prends le temps de lire le sujet proposé pour la journée, pour m’en imprégner. Le soir, je prends le temps de les relire, de noter ce qui m’a marquée. Ces parcours me permettent de remettre le Christ au cœur de ma vie. Lui confier mes enfants, mon travail, lui rendre grâce pour chaque pépite de joie, lui confier le fardeau de ma croix.

D,. veuve et maman de 3 jeunes enfants




Se rendre présent à la Présence

« C’est toi que je prie, Seigneur ! Au matin tu écoutes ma voix ; au matin je fais pour toi les apprêts et je reste aux aguets. » (Psaume 5, 4)

« Ma demeure est la maison du Seigneur en la longueur des jours » (Psaume 23, 6)

Lorsque j’avais commencé à travailler, un ami prêtre m’avait conseillé, puisque je débutais une nouvelle étape dans ma vie, de prendre aussi un nouvel engagement avec le Seigneur. J’avais alors décidé d’aller à la messe une fois dans la semaine, mais je me suis assez vite rendu compte que si cela ne collait pas parfaitement à mon agenda, je la repoussais au lendemain, jusqu’au dimanche suivant... J’ai alors décidé d’y aller tous les jours, dans la mesure du possible. D’abord en soirée, mais ce n’était pas le meilleur moment, encore stressée et fatiguée par la journée de travail. J’ai ensuite trouvé une messe dans la ville voisine tôt le matin. J’y vais désormais, lorsque mon état de fatigue me le permet. Je trouve très beau et très porteur de placer la journée très concrètement dans la présence de Dieu en recevant Jésus. Je Le prie de rester en moi et de venir visiter et éclairer les personnes et les situations que je rencontrerai.

J’ai aussi mis en place quelques autres petites astuces qui m’aident à rester en présence de Dieu. J’ai par exemple remplacé la sonnerie de réveil standard de mon portable par des chants de louange. Je profite des trajets en voiture pour prier le chapelet et pour écouter en audio des livres spirituels que je n’arriverais pas à lire autrement. Au travail, je fais de temps en temps une courte invocation à l’Esprit-Saint, notamment avant certaines réunions pour lui demander de m’éclairer et de me faire parler aisément, même dans une langue étrangère. A la maison, j’ai posté une croix à quelques endroits stratégiques pour avoir toujours la possibilité de me tourner vers le Seigneur en me rappelant qu’Il est là et que je peux Lui parler, ou simplement Le regarder.

M., célibataire




Fidèle chaque jour

« Que piété et fidélité ne te quittent ! Fixe-les à ton cou, inscris-les sur la tablette de ton cœur. » (Proverbes 3, 3)

Maman de trois enfants en bas âge qui demandent de l'énergie, je ne parviens pas toujours à me lever plus tôt qu'eux: mon sommeil est important si je veux être pleinement disponible aux enfants sans trop manquer de patience dans la journée.

Quand la journée commence sur les chapeaux de roues, j'attends patiemment l'heure de la sieste. Une fois que cette heure arrive, je prends enfin le temps de prier. Pas longtemps: 10 minutes. Le soir, au coucher, j'écris dans mon carnet mes réponses aux questions du jour, à tête reposée, avant de m'endormir. J'en profite pour relire ma journée sous le regard de Dieu et à la lumière du parcours de Carême.

Si j'ai assez dormi, je me lève un peu plus tôt pour prier, et je fais le parcours en début d'après-midi.

Pas besoin de quantité, juste de la qualité !

A., maman de 3 enfants en bas âge




En marchant sur les chemins

« Tu m’apprends, Seigneur, le chemin de la vie. » Psaume 15

Chez nous, ce sont nos marches quotidiennes qui nous mettent en route pour prier.

Chaque matin, sur le chemin entre la maison et chez l’assistante maternelle, je chante des "Je vous salue Marie" et récite la consécration à Marie de St Louis-Marie avec ma fille de 7 mois.

Avec l’application Meditatio, sur le chemin du travail, je poursuis ma méditation quotidienne.

Sur les chemins de nos promenades en soirée et le week-end, nous récitons le chapelet avec mon mari en pleine nature, beau lieu de communion pour nous.

« Notre Dame, apprends-nous à prier au cœur de notre quotidien ! »

A., maman




En couple, dans la même direction

« Tobie se leva du lit, et dit à Sarra : « Debout, ma sœur ! Il faut prier tous deux, et recourir à notre Seigneur, pour obtenir sa grâce et sa protection. » Elle se leva et ils se mirent à prier » (Tobie 8, 4-5)

Chaque année, quand le Carême revient, nous re-choisissons les mêmes habitudes que nous avons au fil des mois suivants laissées s’effacer presque imperceptiblement mais sûrement… On nous avait prévenus que le "oui" de notre mariage serait à choisir chaque jour. De même, ce "oui" de la vie avec Dieu nous paraît à re-choisir chaque jour…


Le matin, il part travailler tôt, et c’est dans son trajet à pieds qu’il dit sa prière pour offrir sa journée à Dieu. Nous avons convenu de choisir chaque lundi la même intention de prière, chaque mardi une autre, etc., lui pendant son trajet, elle dans son lit un peu plus tard.

Au réveil des enfants, avant de sauter du lit, on dit bonjour à Jésus. Les petits choisissent leur effort de la journée à offrir le soir.

Dans la voiture, elle chante « Le Petit Jésus allait à l’école », comme l’a fait sa maman, et sa grand-mère avant elle… C’est naïf et même pas vraiment joli, mais les enfants emmènent Jésus dans leur cartable…

Dans la matinée, elle aura consulté careme_au_feminin pour méditer le texte du jour.

Un père de famille lui avait dit un jour qu’il mettait un réveil sur son téléphone à 15h, pour vivre 5 minutes avec le Christ en croix chaque jour. Une religieuse lui avait conseillé de remettre ses activités dans les mains de la vierge Marie chaque fois que l’aiguille sonnait l’heure. Ces petits moyens ne fonctionnent pas chez elle qui ne voit pas passer l’heure… Alors c’est en s’installant sur le siège de la voiture qu’elle murmure « Mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur » et plus si possibilité. Au début, c’était un effort de volonté. Maintenant, c’est de plus en plus une respiration naturelle.

Les temps de pause et d’oraison personnelle devant le coin prière sont un combat de chaque jour… Elle sait pourtant que tout trouve place bien plus aisément ensuite !

Au cours de la journée, c’est souvent par le chant qu’elle tourne son regard vers Dieu : chants de confiance qu’elle entonne machinalement pour finalement dire avec son cœur les paroles, chants de louange pour vivre autrement la vaisselle et le passage de l’aspirateur… L’ambiance dans la cuisine s’anime parfois, grâce à YouTube et aux playlists de louange, et les petits viennent chercher ses mains pour danser pendant que la vaisselle reste entassée dans l’évier…

Le soir, la prière familiale rassemble petits et parents devant le chemin de Carême, pour faire le point et offrir les efforts de la journée. Après les douches, quand elle et lui se retrouvent au lit, il lit à voix haute le texte de l’Évangile du lendemain pour s’imprégner de la Parole de Dieu… Le lit de Louis et Zélie Martin se trouve dans une chapelle à Alençon, et nous n’hésitons pas à y vivre notre prière conjugale…

Une fois par mois, nous faisons garder les enfants pour aller ensemble à une veillée d’adoration. Et quand nous allons nous confesser, nous y allons en famille…

M. (et C.), parents de jeunes enfants




S’attacher au Christ

« Il est le rocher, son œuvre est parfaite (…) C’est un Dieu fidèle et sans iniquité, il est justice et rectitude » (Deutéronome 32, 3-4)

« Le Seigneur est mon roc et ma forteresse, mon libérateur, c’est mon Dieu. Je m’abrite en lui, mon rocher, mon bouclier et ma force de salut, ma citadelle et mon refuge. J’invoque le Seigneur, digne de louange et je suis sauvé de mes ennemis. » (Psaume 18, 3-4)

Dégager du temps pour Dieu, mettre Dieu en premier, Lui donner de notre temps est un investissement très intéressant ! Les temps d'oraison sont pour moi des temps de repos, de retour à l'équilibre, des temps où le Seigneur me transforme jour après jour et me fait devenir sienne. C’est une pause devant un coin prière, mais aussi sur un lit, dans un transat… Être des adorateurs en esprit, ça peut être partout.

Sans ces temps offerts, il m'aurait été difficile, voire impossible de tenir dans ma vie avec tous les événements vécus depuis presque 40 ans que je pratique ces temps de prière ! La vie nous chahute et le Seigneur est le rempart, le roc qui ne bouge pas, qui se fait toujours proche de nous.

Aujourd'hui où mes neuf enfants sont presque tous devenus autonomes, je rends grâce à Dieu de m'avoir donné la persévérance pour continuer vaille que vaille à prier quotidiennement : jeune maman souvent à l'heure de la sieste des enfants et plus tard en casant ce temps de cœur à cœur au moment où c'était possible suivant les journées.

Primauté de Dieu.

A., maman de 9 enfants bientôt tous autonomes




Conversion de perspective

En tant que mère de famille nombreuse, je suis en permanence submergée par tout ce que j'ai à faire: trajets pour les enfants, repas à préparer, courses, lessives, jardinage, mais aussi engagements paroissiaux très chronophages... Comment trouver un temps pour Dieu dans tout ça, alors même que les 24h de ma journée ne suffisent pas?

Longtemps j'ai attendu qu'un créneau se libère dans ma journée... mais finalement, dès que j'avais un petit temps tranquille, j'optais plutôt pour une activité plus attrayante (un bon bouquin par exemple...). Par contre, je donnais du temps à Dieu par mes engagements paroissiaux, je faisais la prière en famille (jamais très recueillie avec des petits!) et quelques pauvres minutes le soir avant de dormir... J'essayais même d'aller parfois à la messe en semaine, mais courais pour déposer les enfants à l'école à temps, leur râlant un peu dessus s'ils ne se pressaient pas, fonçais ensuite sur la route... pour arriver de toutes les façons en retard à la messe. Je ne ressortais pas plus apaisée, ayant l'impression pourtant d'avoir tout fait pour le Seigneur ; et je sentais un grand vide dans ma vie. Jusqu'à ce que je réalise progressivement que je ne mettais pas mes activités dans l'ordre ! Je donnais beaucoup de temps à Dieu mais je n'étais pas AVEC Lui. Je m'agitais POUR Lui, mais sans Lui.


Tout a commencé à changer en découvrant l'oraison. Ça ne s'est pas fait d'un coup et ça n'est jamais acquis. Cela demande d'abord de prendre une décision: placer Dieu en premier dans ma journée, juste pour ÊTRE avec Lui. Pas besoin de courir, de m'agiter dans mes divers engagements paroissiaux... C'est juste bloquer un temps pour me rendre présente à Sa Présence. Ne rien faire mais Le laisser faire.


Et cela change tout ! Peu à peu, le Seigneur me transforme et les bienfaits de l’oraison du matin se répandent sur toute ma journée. Ma vie intérieure se développe et je découvre la joie de retrouver Dieu en mon âme par un simple retour à l’intérieur de moi-même, au milieu de mes activités quotidiennes. Je ne m’agite plus "pour" le Seigneur, mais agis plus paisiblement "avec" Lui. Ce qui me semblait important avant change parfois de priorité. J’apprends à me laisser mener par Sa Volonté (non sans mal, mais je suis tellement plus en paix!).


Concrètement, je me lève un peu plus tôt (et du coup j'essaye de me coucher plus tôt). Une fois mes aînés partis à l’école et le petit déjeuner avalé, j'ai un créneau libre pour faire oraison avant de réveiller les plus jeunes.

Pendant les vacances scolaires, le rythme est plus difficile à maintenir et l'horaire change. Mais les enfants ayant compris à quel point ce temps d'oraison est vital pour moi (et pour eux par ricochet!), je les préviens que je pars prier dans ma chambre et leur demande de ne pas me déranger.

S., mère au foyer et maman de 7 enfants de 5 à 20 ans.


Pour découvrir l’oraison, voici un parcours en ligne réalisé par l’institut Notre-Dame de Vie :




Prier quand les mains (et l’esprit) sont occupées

« Priez sans cesse. (…) C’est la volonté de Dieu sur vous dans le Christ Jésus. » (1 Thessaloniciens 17-18)

Il est des périodes de la vie où les bouleversements personnels sont tels (une naissance, un deuil, une période de travail instable, le chômage, une maladie…) que l’on se sent très vite submergé. La fatigue (physique ou psychique ou les deux) nous assomme tellement que nous ne trouvons plus la force de prier. Peut-être parce que nous ne voyons tout simplement pas comment nous pourrions nous arrêter dans le rythme si soutenu des activités « obligatoires » dans notre quotidien.

Et si nous choisissions quelques petits moyens pratico-pratiques pour habiter nos occupations de la présence de Dieu ?


I. et C. nous partagent quelques astuces pour « prier sans cesse » :

  • Se connecter à un « chapelet en direct » sur Youtube (ici par exemple) afin de ne pas perdre le fil tout en faisant la vaisselle, le ménage, le repassage ou autre. Le prier en communion de prière avec tous ceux qui s’y connectent.


  • Offrir des respirations du cœur au Seigneur à des moments précis et répétés, pour que cela devienne une bonne habitude et que cela nous devienne nécessaire, comme notre respiration.

Par exemple : si je monte les escaliers, je peux dire « Jésus, j’ai confiance en toi »,

si j’ouvre une porte « Mon ange gardien, merci de veiller sur moi/passe devant moi »,

quand j’entends un enfant crier « Seigneur, prends pitié de nous !»,

quand je suis interrompue dans ce que je fais « Viens, Esprit Saint »,

quand je démarre la voiture « Conduis ma vie, Seigneur »,

à chaque réveil « Marie, apprends-moi à aimer », etc.

A nous de choisir ce que notre cœur souhaite dire au Seigneur !


  • Décomposer le chapelet dans la journée : par exemple au réveil prier le Credo, puis en voiture, le Notre Père et les trois Je vous salue Marie et ainsi de suite… Apprendre à saisir les précieuses minutes en ne se jetant pas sur son portable mais en les offrant en premier au Seigneur.


  • Parfois, il est tentant d’être sur son téléphone. Alors pour ne pas tomber dans le piège d’y consacrer un peu trop de temps, obligeons-nous à prier un "Je vous salue Marie" ou une dizaine avant chaque déverrouillage (pourquoi pas l’écrire sur le téléphone pour y penser !)


  • Profiter d’une tétée ou d’un biberon pour prier à voix haute, avec notre enfant, ou pour écouter les lectures du jour.


  • Invoquer l’Esprit-Saint avant un rendez-vous ou un coup de téléphone stressant.


  • Rendre grâce (à voix haute ou intérieurement) pour la bonne santé de l’un ou de l’autre de nos proches, un rendez-vous qui vient de s’achever, un coup de téléphone d’un proche ou d’un ami, etc.


  • Confier un ami, ou une intention de prière lue dans les journaux, en étendant le linge.


  • Fredonner un chant de louange.


  • Quand le père est présent, fixer un rendez-vous pour qu’il garde les enfants 1 heure pendant que vous filez à l’église pour un temps d’adoration ou de confession.


  • Faire une liste d’actions de grâces et des intentions de prière avant d’aller à la messe.


I. et C., toutes deux mamans de tout-petits nourrissons




Alors, votre journée, avec ou sans Dieu ?



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