Le vrai visage des choses: la maison

Extrait du livre Les yeux fixés sur le ciel, journal spirituel d'une mère de famille, de Teresa Dmochowska. Pour retrouver la présentation du livre et de son auteur, cliquez ici.


Le vrai visage des choses


Les objets sont habités au sens spirituel du terme, ils ont une "âme".


A force de les côtoyer sans cesse, nous finissons par n'en apercevoir que l'aspect extérieur, le corps. Mais celui-là contient au fond leur "meilleur part".


Nous ne prenons en considération que leur apparence en oubliant la réalité profonde qui les habite, nous oublions le fruit en ne regardant que sa coque. Cela peut arriver aussi dans notre rapport aux personnes.


Mes objets quotidiens, avez-vous quelque chose à me dire ? Je vous écoute.


La maison



"Je te parle si souvent, mais toi, emportée par ton travail, par l'habitude des jours qui passent, toi, tu ne m'écoutes pas.


Je suis la maison, je suis celle qui traverse les temps, celle qui reste à sa place.


Vous, les familles, vous passez, vous accomplissez votre devoir d'hommes et de femmes, puis vous partez. De nouveaux habitants viennent, recommencent. Et encore d'autres. Parce que vous ne faites que passer.


Je vous protège le temps de votre séjour chez moi.


J'enveloppe vos joies, vos préoccupations, votre vie de famille.

Je garde vos secrets.


J'encadre vos occupations comme on encadre un tableau. Ce cadre ne fait qu'un, au fil du temps, avec le tableau qu'il protège.


Je suis ce foyer familial qu'on a du mal à quitter.


Et pourtant, mes enfants, il faudra bien un jour partir. Il ne faudrait pas se laisser enfermer dans mes quatre murs, bien au chaud, et loin du bruit de ce monde !


Si cela arrivait, il vous serait impossible d'entendre l'appel à des vocations héroïques. Les vocations pour être apôtre de la patrie, de la société, de l'amour dans les temps qui viennent...


Souvenez-vous de la fragilité de mes murs. Un jour, tout cela tombera en ruines, tandis que la grandeur de vos aspirations vous orientera vers l'infini. Alors aimez-moi, mais sans vous enfermer à l'étroit, car vous ne possédez pas une maison éternelle dans ce bas-monde."


Teresa Dmochowska, Les yeux fixés sur le ciel

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