Victoire de Donnissan de Lescure, marquise de La Rochejaquelein (1772-1857) partie 1



« La Vendée ne peut être complètement expliquée que si la légende complète l’Histoire. Il faut l’Histoire pour l’ensemble, et la légende pour le détail ». Victor Hugo, Quatre Vingt Treize.


Elle a tout vécu. Naitre dans la soie et accoucher dans la terre. Croiser la reine à Versailles et pleurer la mort de Louis XVI. Epouser son meilleur ami, se retrouver veuve à 21 ans, et perdre tous ses enfants. Voir la mort et apprendre à revivre. Bien des femmes, de la plus modeste à la plus noble, ont été au cœur des guerres de Vendée, dans sa gloire comme dans son horreur. Mais Victoire de La Rochejaquelein, épouse du « saint du Poitou » et cousine de plus jeune généralissime des Armées catholiques et royales, a vu de l’intérieur le déroulement des sombres années de la Terreur au cœur de la Vendée, et surtout a voulu raconter ce qu’elle avait vu. Sans considération historique, elle a voulu tout simplement témoigner, ne pas permettre que la grande Vendée retombe dans l’oubli.


NB : afin d’alléger l’article, je n’ai pas évoqué les évènements de la Révolution Française en parallèle de la vie de Victoire, autres que ceux dont elle parle elle-même. Mais pour ceux qui le souhaitent, à la fin de l’article j’ai rajouté une petite chronologie de la Révolution Française pour aider la contextualisation 😊


Naitre dans la soie

Née à Paris en 1772, quelques semaines après son cousin Henri de La Rochejaquelein, Victoire est d’une famille de très ancienne noblesse française, liée aux diverses Maisons royales, où ducs, comtes et marquis servent la couronne. La mère de Victoire est dame d’honneur de Madame Victoire, fille de Louis XV. Son père, attaché à Monsieur, frère de Louis XVI, avait été envoyé à Vienne quelques années plus tôt pour épouser au nom du Dauphin Marie Antoinette d’Autriche. « J’ai été témoin de toutes les fêtes et de toutes les magnificences de la Cour et des particuliers » disait Victoire. Elle reçoit l’instruction d’une jeune fille de la noblesse, algèbre, musique, dessin, italien, anglais, astronomie, danse…

Sa mère adorée vit très mal la mort de ses parents, grands parents de Victoire, chefs de famille. Elle tombe en profonde dépression et Victoire, âgée de 14 ans, est attentive à sa mère dont elle sent « l’âme » malade. Alors on voyage, en Europe, en France, on relie les différentes demeures de la famille pour faire changer d’air à la Marquise de Donnissan.


Un cousin aimé, Louis de Lescure

En 1787, Victoire a 15 ans. Désormais on pense à la marier. Naturellement on évoque son cousin Louis de Lescure, à peine plus âgé d’elle, qu’elle connait bien pour être son ami d’enfance. Il est intelligent, brillant même, mais souvent réservé, timide, parfois confit en dévotion. Victoire l’aime beaucoup.

Mais Louis n’a pas d’argent. Son père, débauché, ne lui a laissé que des dettes. Le projet de mariage est annulé, et Louis, patiemment, commence à économiser pour redorer le blason de sa famille.


1789

« Versailles était devenu très brillant ; les Etats Généraux y avaient attiré un monde infini, je passai l’été le plus agréable. Maman recevait chez elle, tous les soirs, le duc de Luxembourg, président [des députés] de la noblesse, et une foule de députés du côté droit. »

Victoire ne parle pas du coup d’état des députés qui se transforment en Assemblée Constituante, des grands noms de la noblesse qui y participent, du régime qui commence déjà à se fissurer. Elle ne sait rien de la bourgeoisie aisée qui compte bien ne pas laisser passer sa chance, des émules des Lumières qui veulent remodeler la société à ce qui leur parait être l’idéal, sans demander l’avis du peuple.

Au moment où tous ces évènements se déroulent, le Dauphin, fils ainé de Louis XVI et Marie Antoinette, meurt. Victoire le pleure, elle le connaissait bien. La Cour est en grand deuil.


Les premiers départs

Le 14 juillet, à Versailles, on fête l’arrive de deux nouveaux régiments. Et au milieu de la fête, un murmure parcourt la foule : « Rentrez, rentrez, le peuple de Paris est soulevé, il a pris la Bastille, on dit qu’il marche sur Versailles ». Victoire, qui a dix-sept ans, vit ce premier mouvement de panique de la noblesse qui se réfugie dans ses petites chambres sous les combles du Château de Versailles, tandis que le duc d’Orléans, acquis aux nouvelles idées et qui n’hésitera pas à voter la mort de son cousin le roi quelques années plus tard, a fui Paris incognito, mort de peur.

Dès le lendemain, presque toute la Cour quitte Versailles, beaucoup gagnent déjà l’étranger, à commencer par le comte d’Artois frère du roi, et tous les grands noms Condé, Conti, Polignac, intimes du couple royal. La famille de Victoire, elle, veut rester. On ne quitte pas le roi. Si la Révolution a bien commencé, « tout le monde se faisait illusion, à la réserve de maman, qui prévoyait les plus grands malheurs ». Elle ne croyait pas si bien dire. A la campagne, l’agitation a fait naitre la « grande peur », des bandes de pillards hantent les routes, les villes sont sujettes aux émeutes, on prend les armes pour se défendre.

En septembre, des troupes arrivent à Versailles, Victoire les voit, mais regrette que le roi ne les accueille pas, très vite elles sont remplacées par des Gardes Nationales. Mais les gardes françaises « désertèrent peu à peu pour se joindre à la populace de Paris. Enfin il n’en resta plus que sept fidèles ».


Les journées d’octobre

A sa fenêtre, le 5 octobre, Victoire et sa mère voient la foule de femmes de Paris « surtout des hommes habillés en femmes », armées, déguenillées, venues à pied et sous la pluie réclamer du pain et le retour du roi à Paris. « Tout le monde sait qu’il y avait une disette, feinte au fond, mais très réelle pour le particulier ; elle s’étendait à Paris, Versailles et environs. »

Victoire voit le château se préparer à un possible assaut des « vainqueurs de la Bastille ». De chez ses parents elle entend les fusillades. Le lendemain matin plusieurs gardes du roi sont tués. Victoire et sa mère, attachées à Mesdames sœurs du roi, les accompagnent dans leur carrosse en direction de Paris. Madame de Donnissan, épuisée par tous ces évènements, se retire avec sa fille dans son château de Gascogne.


1791

Les mois passent. La vie continue, presque normale, dans le Medoc. Des bruits courent, les lettres circulent, mais tout ce qui se passe à Paris parait tellement loin. Victoire va avoir dix neuf ans. Or son ami d’enfance, Louis de Lescure, a depuis hérité et payé toutes les dettes de son père. Installé au château de Clisson, à vingt-cinq ans, il n’a pas oublié sa jeune cousine. Et très vite l’affaire est faite.

En juin, le roi qui a voulu rejoindre ses troupes dans l’Est est arrêté par des patriotes à Varenne et ramené sous bonne garde à Paris. Dès lors, de très nombreux nobles émigrent. Louis part pour le Poitou dans le but de monter une coalition sensée délivrer le roi, mais suite à cet échec, il fait ses adieux à sa jeune fiancée afin d’émigrer également, et participer à la toute jeune « armée des princes » qui se monte à l’étranger. Arrêté à la frontière, Louis est prévenu de la santé chancelante de sa grand-mère et fait demi-tour pour rejoindre Clisson, puis redescend vers le Médoc, où se trouve Victoire.

Chrétiens et royalistes, les Donnissan ont même trouvé un prêtre réfractaire pour le mariage. Le 27 octobre 1791, les amoureux, loin de toute la folie qui saisit la France, se marient. Après quelques semaines, les jeunes mariés s’installent au château de Clisson, avec toujours la volonté d’émigrer.


Le Paris révolutionnaire

« Au mois de février 1792, nous partons pour Paris avec l’intention d’émigrer ; nous partagions bien l’imprévoyance générale… » Ils s’installent chez une tante, à deux pas des Tuileries où loge la famille royale. Victoire est enceinte de trois mois, ils pensent ne rester que quelques semaines avant leur départ vers l’étranger. Il ne se fera pas.

Fidèle à ses valeurs, Louis va trouver le roi lui présenter ses hommages et lui rappeler sa fidélité. Victoire visite également la reine, qui demande au jeune couple de ne pas partir… Les Lescure restent donc, et Louis est tous les jours auprès du roi. A l’époque cette attitude est très mal jugée par l’aristocratie. Emigrer c’était former une armée qui rendrait au roi son pouvoir, rester en France est considéré comme une lâcheté. Mais Louis et Victoire obéissent à la volonté du roi.

La vie à Paris reste dangereuse, le jeune couple ne se déplace que déguisé en personnes du peuple, et toujours avec une cocarde tricolore. Victoire va tous les jours chez la princesse de Lamballe, amie intime de Marie Antoinette, qui lui confie : « plus le danger augmente, plus je sens redoubler mon courage… Je suis prête à mourir et ne redoute rien ».


Fuir

En juillet 1792, à Paris on croit à une contre révolution prochaine et facile. Mais le 3 aout, le manifeste du duc de Brunswick, qui prévient les parisiens des pires conséquences si la personne du roi était touchée, est connu, et l’insurrection gronde. Le 10 aout au matin, à l’appel du tocsin, les sans culottes attaquent les Tuileries. Louis de Lescure s’arme et court au château défendre son roi, mais ne peut atteindre le siège, et finit par revenir auprès de Victoire au milieu de la foule en délire des sans culottes. Il faut même fuir, leur hôtel est trop aristocrate pour n’être suspect.

A la tombée de la nuit, déguisés, à pied, Louis et Victoire (enceinte de sept mois) se faufilent au milieu des ivrognes, des pillards, des incendiaires qui répandent la folie dans Paris, et trouvent refuge chez une ancienne femme de chambre de Madame de Donnissan. Ils y restent cachés plusieurs jours, car bientôt, la folie révolutionnaire entraine les terribles massacres de Septembre.

Or dans leur cachette, Louis et Victoire sont rejoints par l’ancien gouverneur de Louis, Thomassin, devenu capitaine de la Garde Nationale car acquis aux idées de la Révolution, mais attaché à son ancien élève. Le sachant menacé, il est résolu à sauver le couple Lescure et à lui permettre de quitter Paris, ainsi que les parents de Victoire. Il trouve des passeports pour tout le monde, se fait attribuer la mission d’aller acheter du fourrage en dehors de la capitale, et organise le voyage. Arrêtés à une barrière, la voiture des Donnissan et des Lescure est aussitôt suspectée de couvrir la fuite d’aristocrates. « A la lanterne !! à la prison !! » s’écrit on déjà. Mais Thomassin, se hisse sur la voiture et exhorte les foules par un discours patriote en concluant avec un « Vive la Nation » qui enthousiasme les excités. La voiture finit par passer. Sur le chemin, à chaque arrêt, Thomassin est l’ange gardien des fuyards. Et enfin, après un long trajet angoissant, voici Clisson.


La Vendée

En Vendée, l’ancienne société est demeurée. A Clisson, si les paysans ont assiégé le château, c’est pour le défendre des pillards et non pour l’attaquer ! Les paysans vendéens attachés à leurs nobles, comme dans une même famille, le sont plus encore à leurs prêtres. Les mesures contre l’Eglise révoltent. Comme beaucoup de français, les vendéens ont été très déçus des évènements survenus à Paris ces dernières années, eux qui plaçaient beaucoup d’espoir dans les Etats Généraux, espérant moins d’impôts, et plus de dialogue, ont l’impression d’être encore moins écoutés et compris qu’avant. De Bressuire, à quelques kilomètres de Clisson, les Bleus font la chasse aux prêtres réfractaires pour les forcer à l’exil, et accompagnent l’installation de prêtres « jureurs » dans les paroisses, dont personne ne veut.


Le chant des cloches

En quelques semaines, les paysans et cultivateurs du bocage se réunissent au son du tocsin, armés de ce qu’ils ont ou de ce qu’ils trouvent pour défendre leurs droits. Et après chaque action, ils reviennent dans leurs métairies pour continuer le travail de la terre.

A Clisson, on ne sait rien de ce qu’il s’est passé à Paris, et on apprendra bien tard le meurtre infamant de la courageuse princesse de Lamballe. Au château, plusieurs amis et familiers sont là, dont le jeune cousin Henri, qui a tout juste l’âge de Victoire, charmant et passionné. Il apprend à sa cousine à monter à cheval, à ne pas en avoir peur.

Le 31 octobre 1792, Victoire accouche d’une fille, Louise. Elle choisit de ne pas l’allaiter mais de prendre une nourrice. « Je prévoyais que la révolution pourrait nous atteindre, et je comptais suivre, à quelque prix que ce fut, M. de Lescure [dans ses Mémoires elle n’appellera jamais son mari autrement], soit en prison si on l’y mettait, soit à la guerre, s’il se formait un parti, le sachant déterminé à s’y jeter. »


1793

La guerre a commencé déjà, mais ils ne le savent pas. Ils entendent parler du tocsin, de certaines révoltes, sans vraie organisation, de « simples troubles ». Mais le 21 janvier 1793, on apprend l’impensable. Le roi de France, Louis XVI, a été guillotiné à Paris ! Depuis Clisson Louis et Henri s’étaient portés volontaires pour tenter de le sauver, mais rien n’avait été organisé. On pleure beaucoup de ce crime impie.

La goutte d’eau, si l’on peut dire, vient quelques semaines plus tard, lorsqu’à Paris la Convention ordonne dans toute la France la levée de 300 000 hommes pour renflouer les armées. Cette fois c’en est trop ! Laisser les hommes se faire tuer pour défendre un régime païen et criminel, à l’autre bout du monde ?

En mars, les vendéens révoltés ont su se trouver des chefs parmi eux, comme Cathelineau ou Stofflet, mais aussi parmi la noblesse qui connait la guerre, comme Bonchamps. Et une à une, on attaque les villes pour en chasser les représentants de cette République que l’on considère comme inique et illégitime. Le 12 mars, cette première armée vendéenne a pris Saint Florent Le Vieil, puis deux jours plus tard c’est Cholet. L’armée grossit de jour en jour, veut même prendre Nantes. En réponse à ces « émeutes », la Convention vote la peine de mort immédiate pour tous les révoltés.


"Il faut donc tous mourir!"

Au château de Clisson, fin mars, arrivent deux cents Bleus et vingt gendarmes venus réquisitionner armes et chevaux. Bientôt Bressuire est repris par les troupes révolutionnaires. Louis et Victoire hésitent encore.

En effet Louis avait été choisi comme commandant de la Garde nationale de sa paroisse. Peut il lever les armes contre le régime de son pays ? Mais ce serait se déshonorer que de porter les armes contre les paysans, qu’il appelle « ses amis » ! Il faut donc se battre, « il faut donc tous mourir » conclut Madame de Donnissan ! Victoire, elle, a choisi son parti. Elle suivra son mari, partout, et participera à cette guerre qu’il a fait sienne. Elle envoie sa petite Louise chez une nourrice dans un village plus loin, « afin de la sauver ».

Et sans savoir où sont les royalistes, comment est organisée l’armée vendéenne, quelle est la marche à suivre, Louis et Victoire restent à Clisson, sachant qu’on saura bien les y trouver. Henri de la Rochejaquelein, lui, est parti, seul à cheval, pour les trouver, et y deviendra le chef courageux et vénéré que l’on connait.

Mais le 9 avril, les gendarmes débarquent à Clisson, pour arrêter Lescure et les siens. A la vérité ils avaient reçu cet ordre depuis une semaine, mais le pays les aime tant qu’ils ont repoussé autant que possible. Ils sont encore plus affligés lorsque Victoire fait comprendre qu’elle est de nouveau enceinte.

Victoire et Louis sont enfermés au château de La Forêt, à Bressuire, que les Vendéens prennent dès le surlendemain ! Retour à Clisson. Louis et Victoire apprennent les premières victoires de Henri, les premiers crimes des Bleus qui n’hésitent pas à bruler le bourg voisin de Beaulieu, où ne restaient que des femmes et des enfants. Cette fois c'est la guerre. Le pays est à feu et à sang.


Femme de général

Lescure envoie chercher « des paysans surs » dans les paroisses alentours et organise un rassemblement ; en moins de deux jours il se trouve à la tête d’une véritable armée.

Victoire reste à Clisson, admirative du courage de son mari, bien décidée à ne pas fuir et à tenir chez elle, et de recevoir quiconque se présentera, même des patriotes cherchant refuge. Lorsque l’armée vendéenne campe au château, ces patriotes craignent le pire, mais grâce à la protection de Victoire, Henri leur déclare qu’ « on n’aurait pu choisir un meilleur asile pour être à l’abri des Brigands [surnom donné aux révoltés vendéens], que de se sauver chez eux » !

Finalement Victoire quitte Clisson et s’installe au château de La Boulaye. Lescure et Henri ont rejoint avec leurs hommes l’armée catholique et royale. Chaque jour Victoire reçoit leurs lettres, elle sait tout de chaque combat, de chaque acte de bravoure, de chaque folie, de chaque perte. Dans ses Mémoires elle raconte tout de cette guerre de maquis, jour par jour, avec toujours plus d’amour face au courage et à la droiture de Lescure, que l’on surnommera très vite « le saint du Poitou ».

Le château de La Boulaye devient un centre d’état-major pour les armées vendéennes. Victoire assiste à chaque conseil, analyse avec pertinence les caractères des différents chefs, et ne manque jamais d’appuyer Louis de ses avis. « En venant à la Boulaye, on était sûr de rencontrer plusieurs généraux ». Victoire voit tout, note tout, comprend tout, et raconte dans ses Mémoires, simplement, tout ce qu’elle ressentait, comme le témoin privilégié d’un temps hors du commun.


[à suivre...]



carte disponible sur vendeensetchouans.fr

Le château de Clisson se trouvait sur la commune de Bressuire.

Le château de La Boulaye se trouvait à mi chemin entre Cholet et Pouzauges.



Chronologie indicative de la Révolution Française :

· 1788 : décision de convoquer les États généraux

· 1789 :

o 5 mai : Ouverture des États généraux à Versailles dans la salle des Menus Plaisirs.

o 4 juin : mort du Dauphin Louis Joseph Xavier, à l'âge de sept ans.

o 17 juin : Le tiers état se proclame Assemblée nationale, les deux autres ordres ayant refusé la délibération commune.

o 20 juin : Le matin, les députés se heurtent à la fermeture de la salle des Menus Plaisirs. Dans la salle du jeu de paume les députés prêtent serment de ne jamais se séparer tant que la France ne sera pas dotée d'une constitution écrite : c'est le Serment du Jeu de Paume.

o 27 juin : le roi cède aux revendications, renonce aux trois ordres et accepte l'assemblée constituante.

o 14 juillet : Prise de la Bastille

o 20 juillet-6 août : dans les campagnes c’est la « Grande Peur ».

o 4 août : Abolition des privilèges et du système féodal.

o 26 août : Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

o 11 septembre : l'Assemblée constituante accorde au roi le droit de veto.

o 5-6 octobre : marche des femmes sur Versailles, qui force le roi à retirer son veto et à signer les décrets d'abolition des privilèges et la DDHC. Le roi est forcé de rentrer à Paris et est installé au palais des Tuileries.

o 2 novembre : Nationalisation des biens du clergé catholique.

o 22 décembre : La France est divisée en 83 départements.

· 1790 :

o 12 février : suppression des ordres monastiques et religieux, et abolition des vœux en France.

o 14 mai : mise en vente des biens du clergé.

o 19 juin : suppression de la noblesse.

o 12 juillet : Vote de la constitution civile du clergé.

o 14 juillet : Fête de la Fédération.

o 21 octobre : création du drapeau tricolore : bleu, blanc, rouge.

· 1791 :

o 3 janvier : Obligation au clergé de prêter serment à la Constitution civile.

o 10 mars : Bref du pape Pie VI condamnant la Constitution civile du clergé.

o 15 mars : rupture des relations diplomatiques de la France avec l'Église Romaine.

o 14 juin : Vote de la loi Le Chapelier abolissant les corporations, interdisant les coalitions ouvrières et les grèves.

o 15 juin : Création des bataillons de volontaires nationaux

o 20 juin : Varennes-en-Argonne : Évasion manquée de la famille royale, suivie du retour sous bonne escorte aux Tuileries.

o 25 novembre : création du Comité de surveillance (futur Comité de sûreté générale).

o 3 décembre : lettre de Louis XVI demandant au roi de Prusse de le soutenir contre la Révolution.

· 1792 :

o 25 janvier : Ultimatum à Léopold d'Autriche.

o 20 avril : La France déclare la guerre à l'Autriche.

o 20 juin : Le peuple envahit les Tuileries, réclamant le retour des ministres et l'acceptation de plusieurs décrets auxquels le roi a mis son veto. Le roi est coiffé du bonnet rouge. Il ne cède pas.

o 11 juillet : Proclamation de la patrie en danger.

o 25 juillet : Manifeste du duc de Brunswick, chef de l'armée prussienne, menaçant le peuple de Paris.

o 10 août : Les sans-culottes s'emparent des Tuileries et massacrent les gardes suisses. La famille royale se réfugie à l'Assemblée. C'est la fin de la monarchie.

o 13 août : La famille royale incarcérée à la tour du Temple.

o 17 août : Institution d'un premier tribunal révolutionnaire.

o 24 août : Instauration de l'utilisation de la guillotine pour les exécutions politiques.

o 26 août : Décret d'exil des prêtres insermentés

o 2-7 septembre : Massacres de Septembre.

o 21 septembre : abolition de la monarchie ; proclamation de la Ire République

o 11 décembre (21 Frimaire) : Ouverture du procès de Louis XVI à la Convention.

· 1793 :

o 21 janvier (2 Pluviôse) : Exécution de Louis XVI

o 1er février (13 Pluviôse) : Déclaration de guerre à la Grande-Bretagne et à la Hollande.

o 24 février (6 Ventôse) : La Convention décrète la levée en masse de 300.000 hommes pour la défense nationale.

o Mars (Ventôse et Germinal): Révolte en Bretagne et en Vendée contre la levée en masse, début de la guerre de Vendée et de la Chouannerie.

o 15 mars : Première bataille de Cholet Vendée

o 21 mars (1er Germinal) : Institution de Comités de surveillance.

o 6 avril (17 Germinal) : Création du Comité de salut public