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Quelques questions à Marie, fondatrice de la "Mission Douceur"

Merci Marie d’avoir accepté de répondre à nos quelques questions ! Peux-tu te présenter ?


Merci à vous.

Je suis mariée depuis 15 ans, maman de 4 enfants entre 10 et 4 ans, à qui je fais l'école à la maison depuis qu'ils


ont l'âge d'être instruits. Avant ça, après une formation d'historienne, j'ai travaillé en politique pendant 5 ans. Depuis 4 ans je crée des programmes pour l'instruction en famille ou pour les familles qui veulent compléter la scolarité de leurs enfants ou simplement leur donner une joyeuse culture. Je crée également des programmes pour les familles afin de vivre ensemble les temps liturgiques, et des programmes enfin pour les mamans.

Normande, je vis en Bretagne depuis 7 ans. Je suis catholique, passée par le scoutisme qui m'a beaucoup façonnée, engagée dans ma paroisse notamment pour la liturgie.. et pour finir j'aime le thé, les bougies, les cheminées et les livres à la folie…



Marie, avec d’autres femmes, tu as lancé la « Mission Douceur » en Avril dernier. Peux-tu nous décrire ce parcours ? En quoi consiste-t-il ?


En janvier dernier j'ai lu un livre, M is for Mama, une rébellion contre la médiocrité maternelle, qui m'a transformée, retournée. L'auteur, Abbie Halberstadt, nous y invite à modeler notre maternité sur le Christ et pas sur le monde. Et elle parle d'une mission douceur qu'elle a lancée plusieurs années de suite sur instagram : "The gentleness challenge" : pendant 1 mois, faire l'effort de la douceur, quitte à se mordre la langue, pour, avec la grâce de Dieu, changer nos cœurs, et l'atmosphère de nos maisons.

Je lui ai demandé si je pouvais le lancer en français, et elle a dit oui.

Donc pendant un mois, j'ai posté chaque matin une réflexion et un défi pour nous faire avancer sur le chemin de la douceur… une maman m'a aidée en créant des visuels correspondants au défi.

Ça a été très fort. Nous avons prié chaque jour pour l'intention postée par une autre.

Et je me suis dit que la douceur n'était qu'un des 9 fruits de l'Esprit Saint, et que je me ferais bien une énorme salade de fruits …

Alors depuis septembre, avec un nombre grandissant de mamans, 1300 aujourd'hui sur Instagram, nous méditons un fruit par mois, essayons de grandir en sainteté avec l'aide de la grâce qui seule peut agir. Chaque jour nous prions les unes pour les autres. Ce parcours existe aussi en pdf chaque mois sur mon site, pour celles qui ne veulent pas être sur Instagram.


Affiche à retrouver sur le site de Caladia ici.



Il me semble que la Mission Douceur apporte beaucoup de subtilité à la vision de la vocation maternelle que l’on peut avoir. Aujourd’hui, les mères pensent beaucoup sur un mode « don – ressourcement » en vue de trouver un équilibre idéal. Or, tout cela se fait souvent sans Dieu… Que dis-tu de tout cela ?


La Mission douceur veut porter un message exigeant et sanctifiant de la maternité. Un message qui dit : le Seigneur t'a mise là aujourd'hui, t'a plantée là: embrasse cet état de vie et passe par Lui pour ta sainteté. Ne te calque pas sur le monde, ne renie pas ce que tu ressens profondément quant à ta mission de mère parce que le monde te dit que c'est inintéressant, sans valeur. Choisis le Christ.

Je veux aussi dire : Oui tu es unique et merveilleuse mais tu es perfectible ! Oui tu dois t'accepter telle que tu es, avec tes faiblesses, mais le Seigneur t'appelle à te convertir, à entendre son exigence pour gagner le ciel.

Sur la question du don-ressourcement, je crois profondément, comme le dit Saint Bernard de Clairvaux, qu'on ne peut donner que si on est remplie. Il nous dit de nous faire vasque, et que c'est en étant remplie de charité, que nous déborderons et pourrons donner.

MAIS la question est : de quoi nous remplir ?

Je suis à fond pour le "temps pour soi", et je suis la première à me ménager des week-ends de retraite, des temps de lecture tous les jours, des cours d'aquarelles, des semaines sans enfants…

MAIS:

  • Ce n'est pas un dû, c'est un don de Dieu. Et donc, tout comme Jésus accepte sans râler d'être dérangé par les demandes alors qu'il s'était retiré pour prier seul, je dois accepter sans aigreur que mes moments perso ne soient pas toujours possibles. Et je dois rendre grâce pour ces dons.

  • Ces temps pour soi doivent d'abord être des temps sanctifiants. Oui c'est vraiment chouette d'aller prendre un mojito en terrasse … mais si tous mes temps pour moi sont centrés sur moi, et pas d'abord sur Dieu, je loupe l'ordre des priorités et je ne me ressource pas vraiment, car qui ressource mieux que le Seigneur, la vraie source ? Comparez votre sentiment de paix après une heure d'adoration et après une heure de Netflix ….

Dieu premier servi, et pour la suite acceptons avec joie les pauses offertes par Dieu, sautons dessus même. La mission douceur nous invite à remettre les choses dans l'ordre : Servons Dieu, offrons nos efforts, arrêtons de nous complaire dans le "je suis comme je suis", et goûtons la grande paix, l'immense joie qu'il y a à vivre dans les fruits de l'Esprit Saint. Car Dieu donne en abondance à celles qui se mettent en marche.



Dans les lignes introductives du programme, tu parles du livre de l’américaine Abbie Halberstadt, M is for Mama. Quel a été le rôle de ce livre dans la création du programme ?


J'ai compris avec ce livre que je devais dépasser le message bienveillant du "prends soin de toi", du "c'est pas grave si ta maison est dégoûtante tant que tu es heureuse"… ce message m'avait toujours paru trop facile, pas chrétien. Les mots du Seigneur dans la Bible sont bien plus radicaux. Aimez vos ennemis, faites tout sans murmurer, l'amour supporte tout….

Et je me sentais tiraillée entre le message du monde qui dit notamment que les enfants sont des boulets (cf toutes les mamans qui pleurent à l'idée de passer un mercredi avec leurs enfants) et l'appel du Seigneur à nourrir, aider, vêtir "tout ces petits qui sont les miens".

Et Abbie m'a éclairée. Elle a posé les mots sur ce que je ressentais profondément. Oui c'est difficile d'être mère mais difficile ne veut pas dire que c'est mal.

Abbie invite à revenir à la Bible, à chercher en Dieu les réponses.

Là où le monde nous dit "c'est normal que les enfants se battent", la Bible nous dit "autant que possible, pour ce qui dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes". En tant que mère chrétienne, je suis appelée à suivre la Bible, pas le monde. Alors bien sûr c'est costaud ! Bien sûr c'est exigeant ! Mais c'est sanctifiant. Bref, Abbie m'a permis d'enfin mettre des mots sur ce que je croyais profondément mais n'avais jamais lu nulle part.


Qu’est-ce qui t’a aidée dans ta vie de maman pour garder le cap ?


Ma foi bien sûr. Tout remettre au Seigneur. Je ne dis pas que je vis dans la prière permanente, même si j'y aspire, mais l'effort de prier chaque matin avant le lever de mes enfants, et de confier, même somnolente, ma journée, mes enfants, mes terreurs, mes angoisses, mes joies.

La direction spirituelle aussi. J'ai un père spi (pas toujours le même) depuis ma prépa, et je rends grâce pour ce regard bienveillant et exigeant qui m'aide à grandir.


Et puis, à la lumière de ma prière et de cet accompagnement : prioriser, organiser mon agenda. Je suis une contemplative refoulée : avec 4 enfants en instruction à la maison, j'ai peu d'occasions de contempler dans le silence..

Donc je choisis des temps de pause, dans la prière, la nature et le repos, si possible 3 fois par an. J'ai besoin de lire ; je dis non à d'autres choses pour lire. J'ai besoin de repos, je me force à me coucher à une heure raisonnable. Bref, je veux être intentionnelle et ne pas subir mon agenda. Je choisis mes priorités, mes besoins, et je m'organise en fonction d'eux, pas en fonction des besoin du monde.



As-tu un message à transmettre aux mamans qui te lisent ?


Confiance !

Je suis convaincue que le Seigneur bénit au centuple chaque effort posé. Si vous saviez combien ma vie de famille s'est adoucie et apaisée depuis que j'ai compris que je devais changer mon cœur, m'ouvrir d'avantage à l'Esprit Saint… Depuis que j'ai compris que je n'étais pas condamnée à être une impatiente colérique, mais que Dieu pouvait faire toute chose nouvelle, même moi, pécheresse au caractère de cochon ! Et vraiment il fait toute chose nouvelle.

Donc courage et confiance, Dieu bénit, Il supporte… et les fruits sont visibles dès aujourd'hui …. Nous déterminons l'atmosphère de nos maisons ! Nous sommes la clé chères mamans ! C'est hyper lourd bien sûr, mais c'est exaltant… Nous pouvons tant avec la grâce de Dieu. Dieu nous offre une si belle place !! La place de Marie sa mère ! Une place à l'image de celle du Dieu de la création !

Ça vaut le coup !! Qui ne voudrait pas goûter de ces fruits ? Douceur, maîtrise de soi, confiance, paix, joie, bonté, amour, bienveillance, patience…

Et je ne vous parle même pas des fruits au ciel !!

Mais tout ça n'est possible que par la grâce, et il ne s'agit pas du tout de revêtir la cape de Wonder Woman ! Au contraire, nous voulons la poser, et humblement demander l'aide du Seigneur pour nous ajuster à sa volonté, dans les plus petits détails de notre quotidien.


Peux-tu nous redonner tes propositions en cours et éventuellement à venir ?

Alors… il y a plusieurs choses en cours déjà.

Un parcours d'environ 30 jours sur Hozana, Maman : se centrer sur l'Essentiel, qui reprend, à ma sauce, le livre d'Abbie.


Sur mon site admireetfaistiennes.com, rubrique blog, il y a une traduction d'extraits de chaque chapitre du livre d'Abbie.


Il y a donc la mission douceur sur Instagram @missiondouceur, avec un fruit par mois, qui peut se rejoindre en cours. Cette mission peut se suivre aussi en prenant chaque mois le pdf sur le fruit mensuel sur mon site, là aussi rubrique blog.

Je propose aussi un pdf mensuel payant (8€ par mois, 80 pour 12 mois) autours des psaumes et des peintres, d’environ 40 pages.

Il y aura sur Hozana un parcours de Carême pour les mamans, qui explorera les lectures de chaque jour en voyant comment Dieu s'y adresse à nous.

Enfin, je ne sais pas encore si nous reprendrons le parcours sur les Fruits de l'Esprit en septembre après la pause de l'été… j'y réfléchis.





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