Le cycle au naturel 3/4

Troisième et avant dernier article sur la plongée au cœur du cycle féminin. Nous allons aborder aujourd’hui la période post-ovulatoire. Elle se situe donc entre la fin de la période féconde et l’arrivée des règles. L’utérus se prépare en douceur à accueillir potentiellement un petit être, l’endomètre se vascularise. C’est la progestérone qui mène la danse … hormone apaisante, réchauffante…

Lorsque le pic de LH a lieu, cela déclenche l’ovulation et la sécrétion de progestérone par le corps jaune (cicatrice de l’ovule éjecté, dans l’ovaire). C’est lui qui produit la majorité de cette hormone dite « de maternité », les surrénales n’en produisent qu’une partie infime.


Quelle est donc l’action de cette hormone de deuxième partie de cycle :

- Elle bloque l’ovulation, c’est pour cela qu’il n’est pas possible d’ovuler une fois que la progestérone est installée.

- Au niveau utérin, elle permet une bonne vascularisation de l’endomètre pour qu’il puisse accueillir un embryon ou se décrocher en bon ordre. Elle empêche l’endomètre de se déliter jusqu’à ce que l’organisme soit sûr qu’il n’y ait pas de grossesse en cours (il met entre 11 et 16 jours à s’en assurer).

- Elle permet à notre organisme de gagner un demi à un degré de température pour passer en mode couveuse, toujours dans le but d’être le plus accueillante possible pour la Vie.

- C’est une hormone qui a aussi un impact sur notre psychisme, elle nous tourne vers nous même et nous apaise, plus envie de chiller que d’aller faire les 400 coups. Elle améliore la qualité de notre sommeil, bref… c’est le moment de lever le pied !! On parle beaucoup des œstrogènes pour la femme mais la progestérone a aussi tout son intérêt, elle est précieuse pour la minéralisation osseuse, la gestion de l’inflammation.


L’organisme a donc besoin de cette hormone bienfaisante, et sa chute juste avant les règles occasionne une sorte de sevrage qu’il est plus ou moins facile de gérer. Cette exacerbation des émotions, l’apparition de certaines douleurs sont physiologiques si elles apparaissent peu de jours avant les règles, lorsque la progestérone chute pour laisser l’endomètre se décrocher.

Bizarre me direz-vous car pour certaines, c’est tout le post-ovulatoire qui rime avec douleurs, énervement, migraines, tensions dans les seins…. Et si justement vous manquiez de cette jolie hormone ? C’est une question intéressante à se poser car c’est la signature du syndrome prémenstruel, cet ensemble de symptômes désagréables qui gâchent la vie. Il peut apparaitre dès la fin de l’ovulation ou une semaine après si la progestérone commence à dégringoler à ce moment là. Comment se fait-il que la progestérone ne soit pas bien sécrétée tout au long de la deuxième partie du cycle ?


Tout d’abord, puisque tout est lié, et ça vous commencez à le comprendre : une ovulation de mauvaise qualité entrainera un corps jaune défaillant, celui-ci va produire une progestérone en trop petite quantité ou va se résorber trop vite et le taux de progestérone va chuter trop rapidement. D’où l’apparition de spottings en fin de cycle ou des règles avant 11 jours et donc pour certaines l’impossibilité de mener à bien une grossesse. On essayera, pour l’éviter, de chouchouter la qualité de notre ovulation (cf articles sur le pré-ovulatoire et la période féconde).

Une autre cause est un stress trop important. Lorsque le corps est soumis au stress, il va fabriquer du cortisol pour réussir à le gérer. Le souci étant que le précurseur du cortisol est le même que celui de la progestérone. Donc si le cortisol est sécrété à haute dose, l’organisme ne peut fabriquer de progestérone. Il va être important pour la femme de prendre ce stress en compte et d’essayer de le diminuer, notamment en post-ovulatoire. On pensera au magnésium, aux infusions de plantes calmantes (Mélisse, Tilleul). Cette cause de déficit se reconnait grâce aux fringales qu’elle engendre, une grande fatigue et un stress important bien sûr.

Et pour finir il y a aussi l’hyper-oestrogénie qui peut favoriser une carence en progestérone : les œstrogènes en surnombre vont empêcher sa montée et provoquer un gros spm, des migraines, des seins douloureux. Elle peut être due à la présence de perturbateurs endocriniens, à un foie trop encrassé qui n’arrive plus à les éliminer, à une alimentation trop inflammatoire. La tisane de romarin peut être tout à fait intéressante pour son effet coup de fouet et son soutien au foie.


C’est là qu’il est intéressant d’avoir une alimentation adaptée à la seconde partie du cycle, une alimentation qui va apporter les lipides nécessaires à la production de la progestérone, qui aide le foie a bien faire son travail (donc pas trop difficile à digérer), et soutiendra l’ovaire qui sécrète la majorité de l’hormone voulue (c’est la lutéine qu’on va aller chercher notamment dans le brocoli… et si…mais aussi les œufs, la mais, les cucurbitacées, et le choux)

Et comment soutenir la progestérone avec les plantes ? Certaines plantes vont, en effet, avoir une activité progestérone like très intéressante. Il y a l’alchémille que j’aime particulièrement, assez douce et parfaite pour les mamans qui font facilement des fausses couches précoces ou celles qui ont beaucoup de spottings, ou le gattilier très efficace mais qui s’installe petit à petit, parfait pour les hyper-oestrogénies et insomnies. Cette fois ci je ne vous donne pas les dosages car il est important de les valider avec un professionnel.Il y a le yam qu’on donne pour des cycles assez plats, conséquence d’un épuisement de l’organisme. Mais il y a aussi l’huile d’onagre qui, en plus d’être utile en première partie de cycle pour favoriser une belle glaire, sera un réel soutien en post-ovulatoire pour la progestérone. On en prendra comme en début de cycle, au moins 1500 mg par jour (posologie recommandée par les laboratoires). Elle est très efficace en cas de congestion des seins, d’œdèmes, et de certaines migraines, il faudra bien penser à l’arrêter pendant les règles.

Je trouve toujours beau de voir que chaque plante à ses particularités et qu’elles s’adaptent ainsi au mieux à nos problématiques.


Et maintenant comment vivre cette période de la vie ? Douloureuse ou non c’est un moment d’attente, de prise de recul, d’introspection. Un temps qui nous permet de faire le point sur les actions mises en place aux périodes précédentes.

C’est aussi un moment d’espoir intense pour celles qui espèrent attendre un enfant, un moment de détresse pour celles qui attendent depuis trop longtemps, pourquoi ne pas tout remettre dans les mains de LA Mère par excellence ? Lui laisser porter ce fardeau à notre place ?

Pour la jeune fille, c’est l’occasion de prendre du recul sur sa vie à 100 à l’heure et de penser à chouchouter le corps qui lui permet de profiter du quotidien, bon moment aussi pour améliorer son alimentation.

Pour le couple, période propice aux retrouvailles, étreintes préparées par le langage du cœur, moment d’entraide et de soutien où chacun prend soin de l’autre.


Pour chaque femme la deuxième partie du cycle est un appel à se retirer en elle, à prendre le temps d’écouter ce que son corps a à lui dire, savoir qui elle est et ce qu’elle veut au plus profond de son être. C’est le moment du cœur à cœur avec Marie pour lui déposer tous nos fardeaux et questionnements.