L'endométriose au naturel

Comment rester insensible à la douleur de Bertille qu'elle décrit si justement dans cet article ... comment ne pas chercher à soulager cette souffrance du quotidien pour des millions de femmes...


Je me suis posé cette question, il y a bientôt 5 ans, en accompagnant des jeunes filles dont les cycles étaient devenus une vraie croix et qui, ayant trouvé l'option de la pilule pendant quelques mois, se tournaient vers les méthodes naturelles pour avoir des enfants ou parce que la pilule ne fonctionnait pas bien comme "antalgique".

Il y a 5 ans, je n'avais que ma formation d'infirmière et me questionnais sur cette maladie un peu tabou en me rappelant mon professeur de gynéco qui avait dit à juste titre : "physiologiquement les femmes ne doivent pas avoir mal quand elles ont leurs règles". Mais alors, que faire ?

Beaucoup de recherches plus tard, une formation sur la restauration de la fertilité en lien avec des gynécologues, mon diplôme en phyto-aromathérapie, et surtout l'expérience d'accompagnement de nombreuses femmes dans le cadre des méthodes naturelles, me voilà capable d'y voir un peu plus clair.


Je ne reprendrai pas le mécanisme de l'endométriose déjà expliqué par Bertille mais peux vous dresser un petit historique de la maladie. S'il semble qu'elle soit apparue finalement assez récemment eh bien cela est faux, c'est plutôt la parole qui s'est libérée cette dernière décennie en lien avec l'avancée de la médecine. L'endométriose a toujours existé, on en trouve la trace sur les momies incas et Platon en parlait déjà. Cette pathologie inflammatoire, dont on ne connait pas bien la cause, (serait-ce dès la naissance ? serait-ce à la puberté ? serait-ce génétique ? les perturbateurs endocriniens ? nos chercheurs ont encore du travail), est finalement aussi vieille que le monde.

Mais pourquoi a-t-elle explosé ces dernières années ?


L'humain changeant assez peu, on se rend compte que c'est une maladie avec laquelle on peut vivre (puisqu'on l'a toujours fait et que c'est encore possible de le faire) à condition de mettre entre parenthèse cette inflammation chronique et en aidant notre corps à la gérer par lui-même. Bertille l'expliquait très bien: (je cite) "C’est en prenant du temps pour soi (manger des aliments qui font du bien à son corps, apprivoiser ses émotions, apaiser son état d’esprit) que j'ai fait l'expérience qu'il est possible de bien vivre avec cette maladie."

L'explication de cette explosion est donc bien dans notre environnement qui nous rend incapables ou moins vaillantes par rapport à cette pathologie.


La solution se trouve donc dans un rythme de vie adapté, une alimentation non inflammatoire, une meilleur gestion du stress, de ses émotions ... Mais comment atténuer les symptômes pendant ce changement radical d'habitudes de vie, comment prévenir ces douleurs quand la vie, qui ne fait pas de cadeau, nous sort de ce rythme apaisé et bienfaisant ?


C'est ici que les plantes prennent toute leur place, elles ont accompagné les femmes depuis des millénaires, et ont donc servi à nos ancêtres atteintes elles aussi d'endométriose.

Si vous suivez le fil de ma pensée il y aura donc deux sortes de prises en charge: l'aigue et le chronique, on retrouvera les même plantes c'est seulement la posologie qui différera.


1) l'inflammation

Ainsi pour contenir l'inflammation et la faire baisser on se tournera vers des plantes anti-inflammatoires telles que le Cassis en gemmothérapie notamment. C'est une plante qu'on peut utiliser au long cours par cure de 3 semaines. Il y a aussi les huiles riches en Omega 3, celles de poissons, l'huile d'onagre (qu'on évitera de donner en pleine crise). Le curcuma aussi sera d'une bonne aide, à prendre en totum c'est à dire toute la plante et non pas que la curcumine. L'inflammation est une des premières causes d'infertilité, c'est donc l'ennemi numéro 1 à faire rentrer dans les rangs. L'avantage du cassis par exemple est qu'il est aussi anti-oxydant.


2)l'oxydation

Cette notion est très importante à prendre en compte dans l'endométriose, puisque les cellules endométriosiques en s'inflammant dans l'organisme vont oxyder les cellules environnantes. Il va donc falloir réparer les dégâts (cassis) ou apporter des molécules qui vont absorber les radicaux libres à l'origine de l'oxydation. Ce sont entre autres le resveratrol (qu'on trouve dans le bon vin rouge mais visez plutôt les gélules toutes faites :) ), et la n-acéthylcistéine qui va favoriser la production de glutathion, champion toute catégorie des anti-oxydants naturels. Cela va permettre notamment de préserver un maximum la fertilité lorsque les ovaires sont coincés dans des endométriomes. On pourra ensuite utiliser l'ortie ou la prele pour permettre une bonne reconstruction.


3)la douleur

L'inflammation est en grande partie la cause de la douleur en tant que telle avec la congestion qu'elle favorise et qu'on étudiera juste ensuite. Il y a souvent un temps nécessaire pour éteindre cette inflammation, c'est là que certaines plantes seront bien utiles. On a notamment les huiles essentielles, très puissantes et concentrées: l'Estragon ou la Sauge Sclarée qu'on diluera dans de l'huile végétale de noisette pour une action en profondeur (par exemple en cas de douleurs des ligaments utéro-sacrés) ou dans n'importe quelle autre huile pour une action en surface. Le magnesium sera aussi très utile sous forme de bisglycinate en aigu ou par des infusions très longues d'ortie en chronique.


4)la congestion

L'inflammation et l'oxydation vont favoriser une congestion des tissus et du petit bassin. Tout est comme stressé, tendu et ni la circulation, ni les échanges ne peuvent bien se faire. L'ostéopathie va beaucoup aider à tout détendre, les plantes peuvent continuer ce travail. On a ici l'achillée millefeuille qui est souveraine, elle sera aussi très utile en cas de saignements péri-menstruels. Ce sera aussi une bonne amie de la fertilité car elle aidera à contenir l'hyperoestrogénie qui a un impact direct sur celle-ci.


5) le foie

Une dernière chose très importante va être d'aider votre organisme à gérer par lui-même cette pathologie qui finalement va devenir votre compagne au quotidien, compagne parfois bien lourde à supporter mais qui vous permettra aussi de vous dépasser et d'aller bien plus loin que ce qu'on vous n'auriez pensé. Le foie est celui qui va notamment éliminer les œstrogènes en trop, on le chouchoutera donc régulièrement en cure d'une dizaine de jour plusieurs fois dans l'année. On adaptera, en fonction de notre organisme et de notre forme, les plantes choisies.


L'endométriose mériterait qu'on creuse le sujet bien plus profondément encore, mais avec l'expérience je vous dirai qu'il y a quasiment autant d'endométrioses que de femmes. Le point commun est : une prolifération de cellules endométriosiques dans l'organisme, ce qui déclenche des douleurs, autre part que dans l'utérus, au moment des règles ou les jours qui précèdent. Certaines seront très douloureuses avec une seule petite lésion, d'autres auront des lésions très étendues et n'en souffriront pas... De même pour la fertilité...


Prochain article je vous présenterai les impacts de l'endométriose sur le cycle, afin que vous puissiez avoir toutes les clés pour comprendre cette pathologie au quotidien et la prendre en charge au mieux. Ce sera, ici encore, assez schématisé et vous donnera ce que j'ai pu voir et accompagner. Le but étant de revenir à un confort de vie suffisant ou à un retour de fécondité.

On verra aussi comment on peut choisir de la vivre au quotidien sans la subir mais en l'accompagnant au mieux.


A très vite...


En attendant je ne peux que vous conseiller d'aller en apprendre un peu plus grâce au sommet de l'endométriose ici