Consuelo de Saint Exupéry (1901-1979) partie 2




(suite)


Toujours ensemble, jamais à deux

Antoine, qui sait comme Consuelo a besoin de plus de moments à deux, lui propose un voyage au Maroc. Mais dès leur arrivée, le pilote laisse là son épouse et lui donne rendez vous à Athènes, quinze jours plus tard. L’attente recommence. Et de retour à Paris, rien ne change, les soirées interminables, les diners à organiser, les invités que Consuelo ne connait pas, les jeunes femmes complaisantes envers le célèbre pilote, les rendez-vous qu’on lui demande d’assurer à l’extérieur pour vider l’appartement… Consuelo fait de son mieux, mais supporte difficilement ce monde qui s’invite dans son couple. Elle ne peut s’empêcher d’être jalouse. D’autant qu’elle n’ignore pas les nombreux indiscrets qui plaignent Antoine pour son « irritable épouse » et commentent allègrement leur mariage. Lui aime être au centre de l’attention. Un jour il veut soulager son épouse et lui réserve tout son amour, le lendemain les sirènes de la fête sont plus fortes.


Toutes ces fêtes coûtent cher, et revient également à Consuelo le triste rôle de gérer les dettes et trouver l’argent, parfois même pour financer les expéditions de son mari. Car si Antoine ne vole pas, rapidement, le ciel lui manque, il sombre dans la mélancolie. Et cherche ailleurs de l’enthousiasme et une admiration sans fin.


Partir ?

Bientôt Consuelo ne supporte plus ce qui, pour elle, n’est plus un mariage. Ses appels à l’aide auprès de son mari ne reçoivent qu’irritation et silence. Un soir, après une violente dispute, Consuelo quitte la soirée à laquelle ils ont été invités et seule, isolée, se réveille dans un hôpital pour sans papier dont elle a toutes les difficultés à sortir. Et lorsque, épuisée, elle rentre enfin chez elle, c’est pour trouver une autre femme endormie dans son appartement. Antoine se prépare pour une nouvelle mission. Et Consuelo, qui a toujours préparé les valises de son mari avant un voyage, à peine rentrée, s’y met, sans rien dire.


Entre Antoine et Consuelo, sinon l'amour, rien ne dure. Ni les disputes, ni l’apaisement. Ni la colère de Consuelo, ni les infidélités d’Antoine. Ni les moments d’intimité, ni tensions et les rancœurs. Malgré les incompréhensions, les jalousies, les ruptures, ils s’aiment et se retrouvent toujours.


Fidèle

Au cours d’une de leurs ruptures, alors que Consuelo est en expédition dans les Caraïbes, elle reçoit un télégramme. Antoine de Saint Exupéry s’est écrasé en avion au Guatemala, il est blessé de 32 fractures dont 11 mortelles. Consuelo se précipite. Le président du Guatemala lui-même a envoyé chercher l’épouse du célèbre pilote. Elle a peine à reconnaitre le rescapé sur son lit d’hôpital. « Et cet homme était mon mari […] Je devinais qu’il luttait pour sauver cette matière précieuse que la destinée s’amuse à pétrir, à faire saigner, à casser, à transformer. La lutte était dure dans le fond de sa conscience d’homme […] Je ressentis bientôt dans mon être toute ses blessures. » Elle ne quittera pas son chevet, durant les très longues semaines de rémission. Antoine repart juste après, mais en son absence ne manque pas de combler Consuelo de cadeaux et de lettres enflammées, et réclame son retour.


La vie reprend, imprévue, détachée, à l’image de la folle liberté dont Antoine a soif. Un jour même, Consuelo se rend chez le coiffeur, et lorsqu’elle rentre chez eux, il ne reste rien, ni meuble, ni affaires… Consuelo ne comprend pas, redescend voir le concierge, sort et tombe sur son mari qui lui dit très simplement qu’il n’a pas d’argent pour payer l’appartement, et qu’ils s’installeront à l’hôtel, un hôtel de luxe où la chambre coûte presque plus que leur appartement... A peine installés, il lui annonce son départ pour se soigner à Vichy, et lui demande de l’attendre, et de leur trouver un autre appartement. C’était aussi ça être l’épouse d’Antoine de Saint Exupéry.


D’amour et de séparation

Antoine rêve de solitude, mais ne peut la quitter. Consuelo souffre. « C’était ainsi, notre vie, dans ces chassés croisés… D’amour et de séparations… » Ses amis lui rapportent les infidélités d’Antoine, on le croise dans Paris avec une autre, mais toujours il revient voir Consuelo. Pour consoler son cœur épuisé, elle se remet à la sculpture, et installe un atelier dans leur appartement, encouragée par Antoine.


« J’aimais pourtant ce grand garçon qui était mon mari, et il m’aimait, je le savais. Mais il voulait être un mari libre ». Une nuit, après de longs échanges, Consuelo se réveille seule. « Il avait laissé un petit mot, et un joli dessin qui était son portrait : un clown avec une fleur dans la main, très embarrassé, un clown maladroit qui ne savait pas quoi faire de sa fleur… Plus tard, je sus que la fleur, c’était moi, une fleur bien orgueilleuse, comme il le dit dans Le Petit Prince. »


Gagner sa vie

Antoine et Consuelo ne vivent plus ensemble, mais s’aiment toujours. Elle s’y résout, tandis que lui apprécie ce côté mi-célibataire, mi-marié. Consuelo commence à travailler à la radio espagnole basée à Paris, Antoine continue de la couvrir de lettres enflammées.


A la radio, Consuelo commence une série d’interviews d’hommes célèbres. Un jour elle décide, sans rien lui dire, d’inviter le célèbre pilote écrivain Antoine de Saint Exupéry. Tandis qu’elle introduit sa chronique à la radio, son mari entre et lui demande, stupéfait, ce qu’elle fait là. Sans lui répondre, très sérieuse, elle le prépare à son interview, mène son questionnaire, et conclut son émission dans sa langue natale, avec un petit sourire face à l’incrédulité de son mari qui la découvre professionnelle, dans son propre élément, et reste fasciné face à celle qui est toujours son épouse.


La guerre

Et pendant que Consuelo et Antoine s’aiment ou se déchirent, les nuages s’accumulent sur l’Europe qui n’a pas cicatrisée de 1918. Bientôt la France mobilise en vue du conflit mondial qui commence. Antoine porte l’uniforme, il est pilote de guerre, même sans avion. Puis c’est la terrible défaite de 1940. La famille de Consuelo la supplie de se mettre à l’abri chez les siens. Mais Antoine supplie, en larmes, sa rose, de ne pas le quitter. Elle ne peut pas le quitter. Consuelo s’installe à la campagne, non loin de l’aérodrome de son mari. En juin 1940, un soir, Antoine apparait chez Consuelo, pour la prévenir de l’arrivée imminente des Allemands et de la nécessité de fuir la région parisienne. Il l’exhorte à joindre Pau, tandis que lui se battra en Afrique du Nord. « Je le quittai les yeux fermés, pour mieux garder dans mon souvenir la mémoire de son visage, de son parfum, de sa chair […] En une minute j’avais perdu ma maison, mon mari, et ce pays d’adoption que j’aimais et respectais ».


En quelques jours Consuelo est à Pau, où elle retrouve des camarades de son mari. Sur le conseil de son mari, elle a suivi le convoi blindé qui transportait l’or français. Dans le tumulte de la France en guerre, au milieu des réfugiés, des soldats, des fonctionnaires égarés, des familles en attente de nouvelles, Consuelo a la joie de recevoir une lettre de son mari qui a profité du seul et unique courrier qui a relié l’Afrique à la France. La guerre a changé le cœur de Tonio, qui lui promet qu’il ne la quittera plus jamais, qu’il l’aime plus que tout, et qu’il reviendra. Consuelo pleure de joie. Elle le sait, il reviendra.


Suis-moi je te fuis…

Après quelques mois, Antoine est de retour en France, Consuelo se précipite pour le rejoindre, mais il lui exhorte de rester à Pau, tandis que lui ira voir sa famille dans le Var. Consuelo tremble… Les promesses de Tonio sont-elles déjà à oublier ? Il lui dit de partir, qu’il la verra un autre jour, sans un mot de plus. De retour à Pau, Consuelo, désespérée, se console auprès d’un officier ami d’Antoine qui sait trouver les mots, et lui propose de l’épouser lui. Mais après plusieurs semaines, lorsqu’elle reçoit une lettre d’Antoine qui l’invite à déjeuner, Consuelo et Antoine se retrouvent. Comme toujours, Antoine semble surpris que sa femme puisse croire que tout est fini entre eux. Elle ne veut plus rester seule, elle ne veut plus souffrir, elle veut refaire sa vie. Mais Antoine lui rappelle sa lettre, son amour, et lui propose d’aller à Lourdes rendre grâce qu’il soit encore en vie, en ce temps de guerre. Elle lui dit qu’elle est fiancée à un autre. Antoine rit, s’éclipse pour téléphoner, et revient lui dire que c’est fini avec l’autre, et qu’elle peut se fiancer à lui, qui est encore son mari ! Consuelo reçoit l’amour d’Antoine, elle ne sait pas lui résister, même si dès le lendemain, il repart. « Mon mari était un oiseau ».

Et tandis que Consuelo retrouve sa vieille amie la solitude, un ami architecte lui propose de ressusciter un village médiéval en ruine, situé dans le Vaucluse, et d’en faire un sanctuaire d’artistes qui résisteraient à leur manière aux évènements. Consuelo part pour le village d'Oppède. Elle participe à la vie sur place, fait du pain, vit en sabot, mais ne manque jamais d’écrire à son mari, qui lui envoie des télégrammes. En ce temps de rationnement, où les œufs valent plus que les bijoux, elle repense à ce que fut sa vie avec Tonio, qui lui jure toujours de l’aimer. « N’ayez crainte, je sais ce que vous avez enduré pendant des années, je vous en remercie mon épouse, je suis uni à vous par les sacrements et n’écoutez jamais ce que les gens racontent. »


Après presqu’un an passé à Oppède, elle apprend qu’Antoine est à New York et la réclame enfin à ses côtés. Même si elle veut retrouver son mari, Consuelo est presque angoissée de quitter ce qui était malgré tout un sanctuaire simple et bienveillant. Mais elle part. Après un voyage incroyable et dangereux entre passagers, espions et matelots, enfin, Consuelo arrive en vue de New York. A l’arrivée, de nombreux journalistes attendent la femme du célèbre pilote ! Tous se précipitent : « Bonjour Madame de Saint Exupéry !! » Ce à quoi elle leur répond poliment : « Je ne suis pas Madame de Saint Exupéry, je suis sa bonne ». Dès lors plus personne ne s’intéresse à elle et la meute se tient aux affuts pour voir « sa patronne », tandis que la comtesse de Saint Exupéry se fraie un chemin tranquillement dans la foule. Et là-bas, caché, son colosse de mari qui la serre à l’étouffer, tandis qu’elle sent ses jambes la lâcher.


…Fuis moi je te suis.

1942. Consuelo déambule, seule trop souvent, dans la ville glacée. Elle pense à ses amis d’Oppède, et la chaleur de la France en guerre, mais si elle est venue à New York, c’est pour Antoine. Elle accepte tout, la chambre individuelle qu’il lui a louée, les cocktails mondains à enchainer, et ne dit rien. Elle sait qu’au-delà de tous ces vernis, son mari n’est pas heureux. Il est tourmenté d’angoisses et de peurs, il n’est pas serein. Elle sait qu’il a besoin d’être entouré, d’être aimé ; qu’au fond il n’est bien qu’avec elle, mais qu’il ne peut pas rester. Il n’est heureux que lorsqu’il vole. Elle voit les aller-retours de jolies femmes chez son mari, qui pourtant lui répète qu’elle est elle, Consuelo, la femme de sa vie.


La femme de sa vie

Quand il est avec elle, Tonio veut lui ouvrir son cœur si inconstant. « Vous me faites du bien quand vous êtes là sans parler ni bouger, quand vous ne me demandez rien. Il se peut d’ailleurs que je n’ai plus rien à vous donner. Mais c’est peut-être vous qui êtes capable de me donner, de me cultiver, de m’enrichir, de m’ensemencer, de m’enrichir, de compenser ce que je perds pour que je puisse créer, continuer mon grand poème, ce livre où je voudrais mettre tout mon cœur. […] Vous étiez l’être que je cherchais. Vous êtes le port où m’abritez. »


C’est ce qu’est Consuelo pour lui. Elle est la terre d’attache, elle est le port. Il doit la quitter, mais y revient toujours. L’appel du large n’éteint pas l’amour qu’il a pour elle. Il sait ce qu’elle a porté, ce qu’elle a souffert, ce qu’elle a sacrifié. Il voit son amour et ses larmes. Ces retrouvailles à New York, moins idylliques que dans les rêves de Consuelo, sont néanmoins l’occasion de longs échanges où entre disputes et amours, le couple réaffirme leur mariage, malgré tout, toujours. Antoine ne reste jamais, mais promet toujours des lendemains meilleurs. Tant qu’elle est là, il la fuit, mais dès qu’elle veut reprendre sa liberté, il la rappelle aussitôt. Il ne veut pas vivre sans elle.



La Maison du Petit Prince

A l’été 1943, Consuelo cherche une maison dans les alentours de New York pour que son mari puisse profiter de la campagne. Et à North Pole, une grande maison blanche attire son regard. Ce sera la maison du Petit Prince. Consuelo s’occupe de tout, veille à tout, réunit les amis. En paix, au calme, chaque jour, Antoine y travaille son dernier manuscrit. Auprès de sa muse, sa plume glisse toute seule. Elle seule connait chaque clef, chaque secret, chaque métaphore utilisée par l’auteur. D’ailleurs c’est à Consuelo qu’il veut dédicacer son ouvrage, mais pour des raisons politiques il ne le fait pas. Consuelo lui conseille de plutôt adresser sa dédicace à Léon Werth, journaliste antimilitariste.


Il part souvent, sans nouvelle, sans dire où il va, tout ce qui angoisse Consuelo. Mais bientôt elle l’apprend. Antoine de Saint Exupéry, chaque week-end, se rend à Washington et participe à la préparation d’un éventuel futur débarquement en France. North Pole est décidément la maison de l’apaisement. Le Petit Prince unit définitivement le couple.


« Tu as décidé de partir, va-t-en… »

« Il faut aimer les hommes sans le leur dire » disait souvent Antoine à son épouse. Il reste un homme secret, qui souvent ne veut pas parler de lui-même, qui attend d’être deviné. Complètement entier dans tout ce qu’il faisait, dans tout ce qu’il était, il a besoin d’attirer à lui tout l’amour, toute l’attention, toute la vie autour de lui. Malgré toutes leurs déchirures, Antoine aime Consuelo parce qu’elle sait voir en lui, au-delà du vernis, le Petit Prince ; Consuelo aime Antoine pour sa maladresse et pour son âme de poète sous une carapace de géant. Sa grande taille l’attendrit. D’ailleurs, il se cogne souvent le front et en rit toujours en décrétant que c’est pour s’exercer à de plus grandes chutes !


Pour Antoine, à North Pole c’est la maison du bonheur. La maison du Petit Prince. Mais il doit repartir, Consuelo le sait. C’est la guerre, et son mari n’est pas un homme de maison, elle le sait. « Ne pleure pas, c’est beau l’inconnu quand on va le découvrir. Je vais faire la guerre pour mon pays. Ne vois pas mes yeux car je pleure de joie de remplir mon devoir autant que de chagrin de tes pleurs. » Antoine veut garder sur ses lèvres le dernier baiser de sa femme. Il lui promet d’écrire une suite au Petit Prince, une suite où elle ne sera plus une rose avec des épines, mais bien une princesse de rêve qui attend le Petit Prince.


« J’aurai l’air d’être mort et ce ne sera pas vrai… »

Le 31 juillet 1944, Antoine de Saint Exupéry disparait lors d’une reconnaissance aérienne au-dessus de la Méditerranée.



« J’y gagne… à cause de la couleur des blés… »

Ni célibataire, ni veuve, ni mariée… Comment affronter l’absence ? Malgré l’annonce officielle de sa disparition, espérant toujours qu’il soit prisonnier ou caché quelque part, Consuelo continue à lui envoyer des lettres. Le 20 septembre 1945, le pilote est officiellement déclaré mort. Alors Consuelo commence à faire célébrer les messes pour son mari. Mais Consuelo n’est pas seule. Il faut continuer à vivre. En 1946, elle rentre en France, et se réfugie dans l’art. Son premier livre, Oppède, est publié en 1947. Elle s’attaque ensuite à ce qui occupera les trois décennies suivantes, ses mémoires, les Mémoires de la Rose. Elle y raconte toute sa vie avec Antoine, y livre son cœur, son amour, ses lettres, et clôt son ouvrage au dernier départ de Tonio. Le reste, la vie après, elle n’a pas voulu le raconter. Elle ne peut pas faire le deuil de son époux. Et pour tous, elle est la veuve d’Antoine de Saint Exupéry. Un honneur, mais également une ombre gigantesque qu’elle portera jusqu’au bout. La peinture, la sculpture la portent pour tenir le cap, avec un thème récurrent, le Petit Prince, et Tonio.


Elle continue à voyager, à fréquenter la meilleure société, entourée d’amis. Partout on l’invite, elle participe à des hommages, des manifestations, des cérémonies à la mémoire de Saint Exupéry. Le Petit Prince, qui a été en 1943, a remporté un incroyable succès. Connu dans le monde entier, il est aujourd’hui encore l’ouvrage le plus traduit au monde après la Bible. L’amour imparfait mais réel du Petit Prince pour sa rose est lu dans le monde entier. L’homme enfant face à une rose aux épines.


En 1960, la rose Saint Exupéry est créée par un pépiniériste français. Consuelo est l’invitée d’honneur de sa présentation officielle. Consuelo continue sa vie entre invitations et voyages, mais en rentrant toujours en France, partageant sa vie entre Paris et Grasse. Le Salvador, c’était sa vie d’avant. La France, c’est Tonio. Quels que soient les hommes qui savent panser son cœur blessé, elle reste la rose d’un petit prince.

Fatiguée, souffrant de crises d’asthmes de plus en plus nombreuses, bientôt Consuelo ne quitte plus Grasse. Et dans la nuit du 27 au 28 mai 1979, elle s’éteint au petit matin dans sa maison de Grasse.




« Ah, comme nos petites disputes me paraissaient maintenant vaines ! Comment vous dire, avec l’émotion que j’ai de vous savoir enfermé dans un bateau fragile bien que je vous sache escorté d’autres navires, que je vous protège ? Car je sais que vous arriverez à bon port, mon amour, je me souviens de ce secret que vous m’avez murmuré à l’oreille quand je pleurais à chaudes larmes : "Faites-moi un manteau de votre amour, Consuelo, ma Pimprenelle, et je ne serais pas touché par les balles". Je vous le fais, ce manteau, mon chéri. Qu’il vous enveloppe pour l’éternité. »

Derniers mots des Mémoires de la Rose.



Pourquoi chercher cette femme ? Antoine de Saint Exupéry est l’un des plus grands poètes français. Nul besoin de parler de la richesse de son œuvre. Mais qu’aurait il écrit sans l’amour de Consuelo qui restait toujours, malgré les disputes, les jalousies et les rancœurs ? Qu’aurait vécu Consuelo si elle n’avait été la muse du pilote ? Dans le Tout Paris, leur couple suscitait bien des ragots, des commentaires, des commérages, bien des envieuses ont voulu profiter de la fragilité d’Antoine. Et pourtant. Et pourtant ce couple si facilement jugé, méprisé, entre ce géant maladroit et cette étrangère jalouse, a donné naissance, non seulement à un exemple de résilience, de rechutes et de pardons successifs, et de fidélité, mais également à des œuvres qui font briller la culture française dans le monde entier. Face à l’étrange petite fiancée ramenée par le Comte de Saint Exupéry, qui aurait pu le deviner ?



Source : Mémoires de la Rose, Consuelo de Saint Exupéry, Plon, Paris, 2000.




1 commentaire