Connaissez vous les femmes fortes des Saintes Ecritures?

Dans les Saintes Ecritures, tout le monde connait Eve, Marie, Madeleine… Mais la Bible regorge de modèles de femmes fortes, qui au cœur même d’une société éminemment patriarcale, ont su trouver leur place et changer le cours de l’Histoire du Monde en préparant la venue du Sauveur.


@palomadessine


1) Mon époux a beaucoup prié Dieu pour me trouver. Fille de Bétouël l’Araméen, j’ai été charmée d’épouser cet homme, plus âgé que moi, mais dont le père était connu et vénéré de tous. Il m’aime tendrement, et me soutient dans l’épreuve de l’infertilité qui nous accable. Lors de notre vie itinérante, tous les hommes me regardent, et pour protéger notre jeune couple, nous nous faisons passer pour des frères et sœurs. Bientôt, nos prières furent exaucées, et même doublement, car de mon sein naquirent deux jumeaux. Notre foyer était soudé et heureux. Mais mes deux garçons, si aimés, étaient trop différents pour bien s’entendre. L’ainé faisait sans cesse valoir ses droits sur son cadet, plus menu mais plus malin. Pourtant peu lui importait ses responsabilités d’ainé. Pour un plat de lentilles, il vendit son droit d’ainesse à son cadet. Aussi j’aidais mon cadet à faire valoir subrepticement cette transaction auprès de mon époux, vieillissant. Mais cette histoire devait ancrer la discorde entre mes deux fils, qui à leur tour devraient donner naissance à deux nations différentes. Je suis…


2) Je suis la fille ainée du patriarche d’un peuple de bergers. Un jour, alors que mes jeunes sœurs parties puiser de l’eau étaient importunées par d’autres bergers, un étranger survint et prit leur défense. Aimable, courageux, il attira vite l’amitié de mon père, et bientôt il sut me ravir mon cœur. Il intégra définitivement notre tribu le jour de notre mariage. Notre fils devait porter le nom de Guershom, « immigré ce lieu ». Et lorsque mon mari, effrayé de l’immense mission que Dieu voulait lui confier, s’en ouvrit à moi, je résolus de l’accompagner jusque bout de cette aventure. Je suis…


3) Au sein du peuple élu de Dieu, prophétesse, je fus choisie pour siéger et juger mes frères. Avec l’aide de mon époux Lappidoth, je remplissais ma charge sous le Palmier qui gardera mon nom, dans la montagne d’Ephraïm. Là, chacun venait me soumettre ses litiges afin que je puisse les aider à le résoudre. Or, à cette époque, notre peuple qui offensait trop souvent notre Seigneur, vivait sous la domination de Yabine, roi de Canaan. Nul n’osait s’opposer à lui et son armée de 10 000 chars de fer. Mais, inspirée par Dieu, je convoquais Baraq et l’encourageait à se soulever contre l’armée de Yabine. « Si tu marches avec moi, j’irai ! » dit-il. Aussi je l’accompagnais afin de soutenir la foi de ses troupes, et rappeler à Baraq que le Seigneur serait à ses côtés dans la bataille. A la mort du chef de l’armée de Yabine, avec Baraq nous chantâmes un long cantique à la gloire du Seigneur qui prend soin de son peuple. Je suis…


4) Mon père, chef de la synagogue, pleurait ma mort, si jeune. Mais un jeune prophète, beau et charismatique, que de nombreux disciples accompagnaient, est venu auprès de mon corps encore chaud pour y prononcer ces simples mots : « Talitha Koum ». Aussitôt mon âme redescendit vers mon corps, et mes yeux à peine ouverts se sont posés sur cet homme si incroyable, que je ne devais jamais oublier. Je suis…


5) Sur la colline du Carmel, je vis avec mon époux Nabal, craint de tous pour sa dureté et son caractère. Alors que le futur roi David et les siens, ceux qui protégeaient nos terres, passant par chez nous, demandèrent la charité à mon époux, celui-ci les repoussa rudement, arguant qu’il ne les connaissait pas. Ce manque de charité me peina. Aussi je me dépêchais de leur fournir des vivres et du bétail, en secret de Nabal, sachant qu’il ne comprendrait pas mon geste. David, que je savais saint, était outré de l’attitude de mon pauvre époux, si dur de cœur. Aussi il réclama une sanction divine sur Nabal et ses fils, pour les punir de leur comportement. Alors, n’écoutant que mon cœur, je me prosternais aux pieds de David, prenant sur moi les fautes de mon mari, lui disant que sa réaction était de mon fait car je ne les avais pas vus, qu’il n’y était pour rien, et suppliais pour son pardon. Je le suppliais d’épargner les rudes hommes de ma famille, et implorais pour sa clémence, lui qui était homme de Dieu. David eut la bonté de s’émouvoir de mes supplications. « Béni soit le Seigneur, Dieu d’Israël, qui t’a envoyée en ce jour à ma rencontre ! » Il loua les qualités que le Seigneur m’avait données, et me rendant mon offrande, il me fit grâce. Mon pauvre Nabal mourut quelques jours plus tard, je priais beaucoup que le Seigneur lui pardonne ses fautes. Et bientôt, David lui-même revint me voir pour demander ma main. Je suis…


6) Dans la montagne d’Ephraïm, je suis l’épouse préférée d’Elcana. Sa seconde épouse, qui lui a donné beaucoup d’enfants, en est jalouse et cherche à susciter la colère de mon époux contre moi, qui n’ai pas connu la joie d’être mère. Mais Elcana m’aime, et ne saurait me reprocher cette épreuve que je vis. J’en pleurais beaucoup, et priais Dieu de mettre fin à ma honte. Je fis même le vœu de lui consacrer le fils qu’Il voudrait bien me donner. Et bientôt, le prophète Eli, en visite chez nous, vint calmer mes larmes, me promettant la clémence divine. Neuf mois plus tard un fils devait me naitre, nous lui donnions un nom qui signifie « Dieu exauce ». La joie de sa naissance fit naitre en mon cœur un long cantique que des générations chanteraient derrière. Mon fils deviendrait homme de Dieu, un juste qui inspirera bien des justes et donnerait même son aux livres qui racontent son histoire. Je suis…


à suivre...

@palomadessine


1) Rebecca (Gn, 25, 20)

2) Cippora (Ex, 2, 16)

3) Débora (Jg, 4, 4-10)

4) la fille de Jaïre (Mc, 5, 41)

5) Abigaël (1S, 25, 24)

6) Anne (1S, 1, 11)