La bénédiction du père.

J'aime à dire qu’avant d’être père, il faut être pleinement homme. Masculin. Cette identité primordiale, suivant immédiatement notre identité d’être humain associant corps, cœur et âme dans une perspective d’éternité. Humain, puis homme ou femme. D’abord.


Biologiquement la nature s'en charge toute seule. Psychiquement, pas du tout : c'est la mission du père. Pour devenir un homme ou une femme accomplie et assumée, il faut avoir un père qui nous le confirme de sa parole performative, à l'image du Verbe de Dieu qui donne vie par la parole. Celui qui nomme est le père. Il est ce pâle reflet de l’amour divin du Père, créant et fécondant par nature, sans même faire exprès. Le père a cette mission de nommer. De confirmer et d’envoyer. Cela s’appelle simplement la bénédiction. Dire du bien. Dans la bible, les pères bénissent leurs fils au moment de les envoyer en mission ; et une mission, à cette époque, c'était sans téléphone ni contrats d'assistance 24/7, on partait à l'aventure, dans l'inconnu, affrontant tous les risques et risquant sa vie, sans moyen de savoir ce qui se passe tant pour celui qui voyage ou celui qui reste. Il fallait donc être "armé" de cette bénédiction. Il s'agit d'un envoi et d'une séparation. Les fils, souvent, bénissent leur père en retour. Comme Dieu bénit ses enfants, et ses enfants bénissent Dieu par leurs louanges. Mais Dieu bénit aussi par des louanges. Il nous loue. Oui, Dieu chante nos louanges. Ainsi en est la mission du père.


La parole du père agit comme un acte de naissance : elle est performative comme le corps de la mère extrait l’enfant de son sein pour le faire entrer dans la vie. Le père donne vie par sa parole, ou pas s’il reste silencieux. Aucun besoin de le mépriser pour autant car prendre la parole pour un père n'ayant pas été béni par son propre père est très difficile. Car un homme qui n'a pas été béni, à qui le père n'a pas confirmé son identité, ses talents et ses dons, ne pourra que très difficilement avoir confiance en lui, il aura beaucoup de mal à se remettre en cause et ne se sentira légitime nulle part : il ne trouvera pas sa place et c'est la source de tant de problématiques de posture de management que je rencontre dans mon métier de coach professionnel. Par conséquent, comment me sentir légitime pour endosser un rôle que l’on ne m'a pas confié officiellement ? C'est héroïque.


Justement, plusieurs pères, ces héros, ont participé à notre premier weekend père-fils avec leur fils entre 13 et 17 ans. Cette première expérience nous confirment plusieurs choses :

  • Les pères doivent couper le cordon psychique du fils et de la mère. Rompre l’œdipe que la mère aime maintenir avec votre fils, cette version simplifiée de vous-même, et qu’elle connaît mieux car venant de son propre sein. Trop de femmes gardent leur fils sous leur aile maternelle, trop de pères laissent faire. C’est un drame : pour la future vie sentimentale et amoureuse de votre fils. Il voudra se réfugier dans les jupons de maman dès qu’il aura un problème avec sa femme. Le père sépare. L'homme quittera son père et sa mère". Comme le Père Créateur qui sépare le ciel et la terre, les ténèbres de la lumière… C’est le job du père : il sépare de la maman en faisant entrer son garçon dans le cercle des hommes, puis, il ne le garde pas pour lui, mais, armé de toutes ses qualités confirmées par la parole du père, celui-ci l’envoie tout de suite dans le monde, équipé pour l’aventure, le combat et la romance. Le père se dépossède très rapidement de son fils, car le temps entre la séparation et l'envoi est quasiment simultané.

  • Les pères doivent briser les tabous : nous, pères, laissons nos femmes aller au turbin sur les sujets sensibles et nous restons en retrait, silencieux. Comment nos fils peuvent-ils recevoir ce message implicite que nous leur envoyons ? Nous serions donc sans force ni courage ? Nous n’en aurions pas dans le pantalon ? Ce que nous enseignons à nos fils par nos silences gênés, c'est la lâcheté. Les tabous que nous sommes appelés à lever passent par des mercis réciproques, des pardons réciproques, le partage des difficultés de la vie réelle, difficultés normales tant dans les couples qu'au travail. Le garçon peut avoir des doutes quant à notre propre force et courage face à des situations qu'il ne connait pas totalement. C'est le temps du partage et de la levée des secrets, utiles au garçon qui prend conscience que sa vie ne sera pas linéaire, planifiée mais contrainte par l'événement.

  • 100% des fils veulent entendre de leur père : « Mon fils, je suis fier de toi ». Au père ne voyant aucune qualité à son fils, qu'il ouvre les yeux et aille se confesser car c'est un pêché contre Dieu qui a créé vos enfants à son image. Qui êtes-vous pour le méjuger ainsi ? Heureusement il s'agit d'une minorité de pères. Trouver quelques qualités de nos fils est assez aisé. Trouvez-en 3 ou 4, pas une seule qui serait mesquin, ni 50 qui ferait tarte à la crème. Dites-lui l'essentiel. Dites lui par exemple cette parole : "je te fais confiance car tu es armé pour affronter la vie grâce à tes talents et dons de .... avec toutes ces qualités, tu peux partir et vivre ton aventure en toute confiance".

  • Le père bénit et envoie. Il bénit son fils en lui donnant sa confiance dans tous les talents et dons qui le rendront capables de livrer les combats de sa propre vie avec succès. Comme David qui ne doute pas de lui-même quand il s'en va défier Goliath alors même que toute l'armée se garde de faire un pas en avant. David a confiance en lui : il a été oint.


Un jeune qui sort d'un tel weekend est transformé. Le fruit principal ? La paix intérieure selon les témoignages reçus a postériori, ainsi que des changements de comportement assez radicaux. Une paix partagée par autant de fils que de pères. Pour nous, ACDH, c'est la confirmation d'une intuition profonde : nous pouvons remettre ce moteur de la transmission en route et relancer "la grande machine à avoir confiance en soi", dans une époque où chacun se sent perdu et doute de lui-même, menant une vie sans direction ni sens. Nous allons multiplier ces initiatives en nous appuyant sur les paroisses et les organisations familiales et de jeunesse. Paroisses où les hommes s'ennuient profondément et où les prêtres ne sont pas forcément très à l'aise avec ces questions, par manque de formation.


La question de la virilité perd de son sens : on ne "fait" pas les virils, on ne "joue" pas à être viril. L'homme confirmé a confiance en lui, il utilise toutes ses capacités pour transformer le monde. Point. Si il lui faut aimer pour cela, il aimera. Si il lui faut se durcir, il se durcira. Si il lui faut se battre? Il se battra. La question de la virilité est dépassée par cette notion de la confiance en soi, et c'est très apaisant, car dans la question de la virilité, il y a quelque chose de clivant. Ce n'est pas une fin en soi, c'est une conséquence naturelle de la bénédiction.

Père offrez à vos fils d'être en paix avec eux-même, vous seul pouvez le faire. C'est votre mission essentielle en tant que père. Si vous auriez aimé que votre père vous dise : "mon fils, j'ai confiance en toi, et je suis fier de toi" : offrez-un weekend à votre fils sans attendre !


J’invite chaque père, dès l’âge de la barmitsva - 13 ans -, à rejoindre les prochains weekend père-fils ACDH (le prochain est début juillet dans le Puy-de-Dôme). Le weekend est un cadre sécurisant favorisant le passage et construit autour de rituels, d’activités dans la nature, de prières, de rires, de sport, d’enseignements, d’échanges père-fils seuls à seuls, avec échange de pardons, de mercis et de bénédictions, des échanges entre fils et entre pères,...


Quand un père béni son enfant, il permet aux générations futures de vivre pleinement. Il transforme une malédiction en bénédiction.


Plutôt que d'en parler, remplissez votre mission paternelle en rejoignant un weekend père-fils.

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