Un sens à l'anatomie féminine?

A travers ces quelques lignes, nous allons découvrir comment l'anatomie et la physiologie féminines traduisent le mystère féminin.

Dans le monde animal, les termes mâle et femelle sont employés pour désigner le sexe de l’animal. Ils transcrivent fidèlement le donné anatomique. Chez toutes les espèces, le mâle est ainsi différent de la femelle, et ils ont besoin l’un de l’autre pour se reproduire. Dans l’espèce humaine, la distinction entre les deux sexes est plus profonde que la seule différence anatomique. Ce n’est effectivement pas la désignation mâle et femelle que l’on emploie pour désigner le sexe, alors que ces termes sont la transcription fidèle du donné anatomique. Les termes « homme-femme » et « masculin-féminin », sont seuls habilités à décrire la spécificité de la sexualité humaine. Cette double désignation est propre au genre humain. Etre Homme ou être Femme semble en effet dépasser la seule considération sexuelle.

Nous pouvons donc reconnaître, avant même d’approfondir le sujet, que « homme » et « femme » dit quelque chose de différent et de certainement plus vaste que les simples appellations « mâle » et « femelle».

Ce « quelque chose » va être la base de notre réflexion concernant la femme : comment passer du terme de « Femelle » qui traduit la réalité anatomique sexuée au terme de « Femme » qui traduit une vérité plus grande ? Que signifie donc « être Femme » ? Qu’est ce qui fondamentalement singularise les femmes ? Pour tenter de comprendre cela, observons le corps féminin pour en extraire les traits purement féminins. En s’arrêtant sur ce corps sexué, on se met face à la réalité première par laquelle le féminin a été proposé au regard du monde, en se détachant de toute influence culturelle.




L’intériorité féminine

Pour comprendre l’intériorité féminine, il suffit tout simplement de partir de la description de son anatomie. Que nous dévoile le corps de la femme et quel est le sens de cette anatomie féminine ?

Commençons par nous intéresser à la localisation ainsi qu’à l’anatomie de ses organes génitaux. Contrairement aux organes génitaux masculins, les organes génitaux féminins sont situés à l’intérieur du corps. Tout le système reproductif est ainsi protégé au cœur du corps de la femme comme un bien précieux qui ne doit pas être abîmé. L’expression du désir de la femme est ainsi cachée, ses manifestations physiques ne sont pas visibles.

Cette première particularité est une invitation à la parole, au dialogue et à l’expression des sentiments entre l’homme et la femme. La femme doit mettre des mots sur ce qu’elle vit.

C’est elle qui révèle ainsi à l’homme la puissance de sa séduction masculine. Or, la parole est le propre de l’homme : voilà pourquoi ce regard mutuel est humanisant.

Cette ouverture, cette faille dans le corps de la femme a une autre signification tout aussi puissante : l’accueil. Cet espace secret est vide, comme préservé. Ainsi, la femme a la possibilité d’accueillir intimement en elle un autre qu’elle-même, de porter en elle un autre qu’elle-même pour le conduire jusqu’à la vie. Cet accueil de la vie se traduit également par la largeur des hanches, spécifique du corps féminin. Grâce à elles, une dilatation de cet espace intérieur préservé est rendue possible. Le corps est ainsi fait pour accueillir une vie et permettre d’abriter le développement de l’enfant pendant neuf mois.

La féminité d’un corps peut donc être associée à une sorte de charme entourant à la fois une aptitude intérieure à un accueil intime permettant de conduire à l’accueil de l’autre et au don de la vie.


Le cycle de la fertilité

Comme nous le savons toutes, les organes génitaux masculins et féminins ne sont pas soumis à la même temporalité. Le corps féminin est soumis à un cycle, qui correspond au cycle de la fertilité. Tandis que le corps masculin connaît une certaine linéarité dans sa fertilité. Chez la femme, les périodes fertiles alternent avec les périodes infertiles : cette alternance décrit un cycle. A chaque cycle, tout notre corps se prépare, se met en condition pour accueillir une nouvelle vie. Il détecte si la fécondation a eu lieu ou non et organise ainsi une grossesse ou ré-initie la préparation d’un ovule. Nous vivons donc avec un corps qui se prépare cycle après cycle à une potentielle grossesse. En un mot, les organes génitaux organisent notre fertilité.

La périodicité de la fertilité a des répercussions bien plus larges : la variation des taux hormonaux induit des variations de la sensibilité corporelle globale. Les sensations de fatigue, d’irritabilité et de stress sont accrues dans la période précédant les règles. L’inverse est observé pendant la période qui précède et entoure l’ovulation. Pour une femme, en prendre conscience permet de comprendre ses réactions avec bienveillance.

Ainsi chez la femme, il existe des périodes fertiles et des périodes infertiles. L’existence de périodes fertiles indique bien entendu la place de la transmission de la vie. Mais l’existence des périodes infertiles nous indique également qu’une place de la sexualité est à lier uniquement à l’expression de l’amour mutuel et du don de soi. On reconnait ainsi que la destination amoureuse de la sexualité est inscrite dans l’organisation physiologique même de la femme.

Toutes les unions ne sont pas fécondes en raison même de cette périodicité inscrite dans le cycle féminin. Il existe donc tout une part de gratuité dans la sexualité humaine. Elle est le lieu de communion de deux personnes. Cette mise à distance par rapport au biologique et aux impératifs de la reproduction est ainsi inscrite au cœur de notre corps.

En ce qui concerne plus spécifiquement les règles, nous sommes soumises chaque mois à cet écoulement de sang, que nous devons assumer dans le secret. Chaque mois, la femme attend la confirmation ou l’infirmation d’une nouvelle vie possible. Cet écoulement mensuel de sang a également une autre signification pour notre corps: l’acceptation de la non maîtrise. Effectivement, les règles sont involontaires et incontrôlables pour la femme. Nous y sommes soumises tous les mois comme une sorte de domination de notre corps sur notre volonté propre. Cela nous conduit à nous comprendre non seulement comme intégrées au monde et au cosmos mais également, comme soumises à ses lois. A travers notre corps, nous acceptons l’impossibilité d’une maîtrise totale de notre être. Ainsi, notre expérience charnelle nous fait savoir qu’une soumission est inhérente à la condition humaine. La femme ne peut oublier qu’elle est un être de chair.

Il est beau de souligner que par cet écoulement de sang, un nouveau cycle recommence à chaque fois. Le corps de la femme propose donc chaque mois, inlassablement d’accueillir la vie. Cette expérience fait entrevoir à la femme qu’elle participe à un mystère qui la transcende : celui de donner la vie. Ce don de la vie la dépasse complètement car même si elle souhaite ardemment la donner et qu’elle a eu une union lors de la phase fertile, ce don de la vie ne dépend en quelque sorte plus d’elle.


La temporalité spécifiquement féminine

Un point essentiel est à souligner concernant la fertilité féminine : sa temporalité. Notre fertilité est limitée dans le temps parce qu’elle est limitée en termes de quantité de cellules reproductives. L’homme n’a pas de provision de spermatozoïdes : la production de gamètes se fait en flux continu à partir de la puberté et ce, jusqu’à un âge avancé. Pour la femme, la nature a organisé les choses différemment. L’embryon féminin a déjà dans ses ovaires le nombre total des ovules qui seront délivrés, à chaque cycle, par les ovaires de la puberté à la ménopause.

Le corps de la femme révèle ainsi à l’homme une notion fondamentale : un jour la fécondité s’arrête, le temps a un prix. La sexualité féminine est donc marquée par l’emprise du temps, de la durée. Cette temporalité sexuelle se traduit également sur un autre plan chez la femme : chaque femme abrite en elle une sorte de calendrier intérieur. On y retrouvera ses cycles bien sûr mais également la première relation sexuelle, la naissance de tel ou tel enfant, sa date de conception, la présence d’une fausse couche ou d’une interruption de grossesse … Ces souvenirs ancrés dans son corps consciemment, sont le propre de la femme. Elle leur accorde plus ou moins de valeur ou d’importance mais toujours est-il qu’il existe un rapport au temps spécifiquement féminin. Les professionnels de santé remarquent d’ailleurs chez les femmes ayant eu une interruption volontaire de grossesse qu’elles attendent, souvent inconsciemment, les neuf mois de la grossesse interrompue avant de débuter une nouvelle grossesse. Comme si leur corps et leur cœur avaient besoin de ce temps…


La notion de finitude dans le corps féminin

Il existe un autre point à souligner chez la femme : l’organisation de la reproduction n’est pas faite de manière identique chez l’homme et chez la femme. Chez la femme, on observe un ovule par cycle : ce qui donne en moyenne douze ovulations par an, à condition qu’aucun aléa personnel ne vienne perturber cet équilibre.

A l’inverse de la sexualité masculine, la sexualité féminine est marquée par cette rareté. Cela rend donc le rapport au temps complètement différent entre l’homme et la femme. Ainsi beaucoup de femmes vivent avec le sentiment d’urgence des choses à faire, font des projets, des plans sur la comète, des projections de leur vie sur les dix ou vingt prochaines années…En revanche, pour un homme la réalité est tout autre : il a la même puissance aujourd’hui, qu’hier et que demain. Cette force peut se révéler une sécurité incroyable pour une femme, mais nécessite un dialogue constant entre l’homme et la femme pour comprendre et ajuster ce décalage.

Avec l’âge, les cycles de la femme s’arrêtent. Son corps garde la même structure anatomique et intérieurement sa personnalité reste la même. Mais peu à peu, l’espace intérieur va se rétrécir. La femme ne dispose alors que d’une capacité restreinte pour s’accomplir en tant que femme et ceci, bien avant l’homme. Précocement, la femme est donc soumise aux limites de son corps que le temps lui impose. Elle fait l’expérience de la finitude dans son propre corps.

Un constat s’impose : la femme a une présence au temps qui est spécifiquement féminine, et l’homme a une présence au temps spécifiquement masculine. L’homme et la femme ne vivent donc pas leur rapport au monde de façon identique. Ils ont des présences au monde spécifiques : celle de l’un n’est pas celle de l’autre, et à eux deux, ils forment une riche complémentarité.


La femme a donc un rapport charnel particulier à la vie. Elle la transmet dans son corps et par son corps. Elle a également un rapport charnel à l’amour : il devient chair en elle. Elle a un rapport charnel au temps. A travers son corps rythmé, la femme a des relations vivantes au temps. Son rapport charnel se retrouve également dans le don de son corps dans la relation conjugale et dans la maternité dans lesquelles le don de son corps est total. Enfin, la femme s’expérimente comme soumise à son corps et au temps : elle a un rapport charnel à la dé-maîtrise et à la finitude.

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