Une lumière a resplendi!

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. (Isaïe, 9, 1) […] Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : «Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix.» Et le pouvoir s’étendra, et la paix sera sans fin pour le trône de David et pour son règne qu’il établira, qu’il affermira sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Il fera cela, l’amour jaloux du Seigneur de l’univers !


Voilà le mystère de Noël, prophétisé 700 ans avant par Isaïe! Celui-ci avait aussi annoncé le "signe" auquel on le reconnaitrait: "Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous)." (Isaïe 7, 14)


Imaginons combien le peuple d'Israël devait attendre ce moment! À chaque fois que des ennemis envahissaient le pays ou que les malheurs s'abattaient sur lui, sûrement devait-il se rappeler cette promesse. Que les ténèbres seraient chassées et qu'un règne de paix et de justice arriverait par ce petit enfant!


Qui plus que la Vierge Marie a dû prier pour hâter sa venue, avant même de savoir qu'elle en serait la mère! Son Cœur Immaculé devait le désirer ardemment et compatir profondément aux misères et aux besoins de son peuple… Et de quoi pouvait-il avoir plus besoin que d'un Sauveur! Dieu a entendu cette prière, qu'Il avait lui-même provoquée par sa promesse, et l'a exaucée.


Pour pouvoir mener cette entreprise à bien, Il a envoyé son ange à la Vierge Marie: "Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu! Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin." (Luc 1, 30-33) C'est bien la prophétie d'Isaïe qui s'accomplit. Et que fait Marie dès qu'elle a accepté? Elle prend la route et se hâte chez sa cousine Elisabeth, pour lui faire part de la nouvelle, se réjouir avec elle, lui porter Jésus et l'aider au quotidien.


Après la naissance de Jean et son retour à Nazareth, elle devra reprendre la route avec saint Joseph pour se rendre à Bethléem, malgré le froid, la longue route et le terme qui approche. Et à l'arrivée, ils n'y aura pas de place pour eux, ils devront se retirer dans une étable, pleine de courants d'air, de bestioles et d'humidité, que Joseph aura essayé de rendre le plus habitable possible et d'isoler au mieux. C'est là que Jésus naîtra, au milieu de la nuit. Et il faudra que Marie L'emmaillote, Le protège de la paille qui pique, Le prenne dans ses bras pour Le consoler, alors que la lumière illuminera la nuit, que les anges chanteront la nouvelle aux bergers et que l'étoile fera se mettre en route les mages.



Cela c'était une nuit, il y a un peu plus de 2000 ans!

La lumière a resplendi dans les ténèbres! Mais elle ne les a pas chassées complètement. L'Enfant est né, mais le règne de paix n'est pas encore totalement accompli.

Il sera établi, un jour prochain.


Et nous, nous sommes encore partiellement dans ces ténèbres, qu'elles soient les conséquences de notre péché, de celui des autres, ou de facteurs extérieurs. Que tu sois célibataire, marié ou veuf, père ou mère de famille, laïc, religieux, prêtre ou même évêque, c'est peut-être toi qui y marches. Ou qui n'arrives même plus à faire un pas de plus, tellement elles sont épaisses… Tu es accablé par ton péché? Épouvanté par celui des autres? Tu viens peut-être de perdre un proche; ou tu as un parent, un enfant, un ami malade? Peut-être est-ce toi qui es malade, déprimé, épuisé? Profondément triste ou inquiet, envahi de doutes quant à la situation de l'Église, du monde ou de la société? Tu connais peut-être la faim, les conflits ou les catastrophes naturelles? Tu es isolé et as besoin d'un peu d'amour ou d'amitié? Peut-être as-tu été trahi, calomnié, dénigré? Ou es-tu au chômage, sans savoir de quoi demain sera fait? Tu t'inquiètes pour ton avenir et attends en vain des nouvelles? Tu as peut-être subi des abus, des injustices, des pressions, des menaces qui te paralysent et te font vivre dans la peur? Tout cela alors que Noël approche et que les rues s'illuminent... Alors que toi, tu n'as aucune envie de fêter quoi que ce soit!


Pourtant, il faut croire à la promesse de Dieu qui est un Dieu fidèle. C'est au milieu de nos ténèbres que la lumière doit resplendir. Elle sera d'autant plus vive que ces ténèbres auront été épaisses! C'est précisément pour toi, pour chacun d'entre nous, que vient naître Jésus! Nous en avons plus que jamais besoin, chacun personnellement, pour nous sauver, nous éclairer, nous apporter la justice et l'amour, la joie et la paix et le courage de continuer à avancer. Préparons-Lui la crèche de notre cœur pour qu'Il puisse y naître et y prendre toute Sa place.


Comme ce n'est qu'un tout petit bébé, Il ne peut pas venir tout seul. Il faut bien que quelqu'un l'amène! C'est sa Maman qui compatit à nos souffrances comme elle compatissait aux besoins de son peuple et demandait la venue du Sauveur. C'est elle qui nous L'amène comme elle L'avait porté à Elisabeth.


Une fois qu'elle nous aura amené Jésus, c'est lui qui nous la redonnera à la croix: "Voici ta mère! (Jn 19, 27)" Après Sa vie, c'est le plus beau cadeau que Jésus nous fait. Il nous donne sa Mère, Il la donne à saint Jean et à tous les prêtres et à tous Ses disciples qu'Il aime, Il la donne à l'Église qui nait ce jour-là. Il nous faut donc la prendre chez nous, nous ne pouvons pas la laisser à la porte! Et alors, quel bonheur! Elle agira avec nous comme la meilleure des Mamans, comme elle l'a fait avec Jésus depuis le moment de son Incarnation. Si nous sommes lents à nous mettre sur le bon chemin, elle priera, parfois dans les larmes comme à la Salette, pour hâter notre retour, mais nous attendra avec patience. Si nous sommes tristes, elle nous consolera avec douceur. Si nous avons froid, elle nous réchauffera sous son manteau. Si nous sommes seuls ou abandonnés, elle nous serrera tendrement tout contre son cœur.



C'est elle qui nous aidera à ouvrir notre cœur, à changer de perspective pour comprendre ce que Jésus aura à nous dire!


  • Tu vis une situation douloureuse, elle te montrera quelle béatitude le Seigneur te promet.

"Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. (Mt 5, 3-12)"


  • Tu es effrayé du péché, réel ou prétendu, d'un de tes frères? "Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre (Jn 8, 7)". A l'époque de la femme adultère, tous s'en étaient allés "en commençant par les plus âgés (Jn 8, 9)". Marie, qui était sans péché, l'était déjà parce que son Fils l'avait sauvée! Elle nous montrera que nous ne pouvons pas nous permettre de juger ou condamner les autres. Cela signifierait que nous nous croyons parfaits. Non seulement, cela serait faux mais en plus, nous croirions ne pas avoir besoin d'un Sauveur! Jésus serait venu pour les autres mais pas pour nous… "Il est venu chez Lui, et les siens ne L’ont pas reçu. (Jn 1, 11)" Quelle tristesse!


  • C'est ton péché qui t'accable? C'est justement pour nous en libérer que le Jésus est venu! "Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se convertissent. (Lc 5, 32)" Essayons de nous laisser sauver dans le concret de nos vies, présentons-Lui telle ou telle situation, et recommençons chaque jour.


En cette nuit de Noël, venons donc à la crèche et laissons Marie nous offrir Jésus et toutes les grâces, toute la lumière, tous les cadeaux qu'Il veut nous donner. Une fois qu'Il aura bien illuminé nos ténèbres, nous serons capables de voir ce qu'à notre tour nous pourrons lui offrir, ce que nous aurons à convertir dans nos vies pour lui faire plaisir, pour être plus unis, pour mieux nous soutenir, nous comprendre et nous aimer, nous-mêmes, nos frères, nos prêtres et toute l'Église. Saint Joseph veillera à ce que tout se passe bien pour nous, confions-nous aussi à lui, lui qui "protège l’Église, et continue à protéger l’Enfant et sa Mère. (Pape François, 24.11.2021)"