Un Noël idéal

Décembre est à la moitié de sa course. Avec lui, et depuis quelques semaines déjà, l’effervescence des préparatifs de Noël. Effervescence ou frénésie ? Les employés municipaux ont paré les rues de toutes leurs guirlandes, et ce, dès le début du mois de Novembre. Les haut-parleurs des magasins jettent du Michael Bublé sur une foule électrique qui fait la course aux sapins, aux cadeaux et aux décorations, le tout dans une ambiance covidée et masquée, entre une journée de travail et une épidémie de gastro, avec comme seul objectif d’être « au top ». Sapin : fait. Crèche : faite. Couronne de l’Avent : faite. Calendrier : fait. Cadeaux : presque faits. Et bien entendu, la maison clignote de part en part, presque trop aveuglante. Le doré, le rouge, le vert, viennent égayer nos intérieurs, comme pour calfeutrer quelque chose de lourd.


Marthe se serait démenée dans un tel contexte. On l’imagine bien, aux fourneaux, réalisant brioches et sablés à la cannelle, ouvrant sa porte à tous, offrant un thé bien épicé sur un fond de « Jingle Bells ». On la voit, dégotant de nouvelles décorations, qu’elle mettra soigneusement dans chaque recoin de sa maison, sans en oublier un seul. On la sent frétillante de trouver son menu de noël, à l’affut des meilleures nouvelles idées, toute soucieuse de contenter son monde en ce soir exceptionnel. La voici, courant les magasins, trouvant un cadeau pour chacun, l’emballant et le cachant soigneusement jusqu’au jour J. La période de Noël est vraiment la période de Marthe.


Chère petite maman, tu es peut-être une Marthe en ce moment. A toutes tes obligations quotidiennes s’ajoute l’importance de marquer ce temps de l’Avent, de faire rêver tes enfants et de vous fabriquer des souvenirs. Toi aussi, tu retombes un peu en enfance en déballant les santons tout refroidis par leur trop long séjour dans le grenier. Tu parles d’efforts à faire, tu mets un mouton pour chacun dans la crèche. Tu veux une belle couronne de l’Avent, et un sapin qui envoie du rêve.


Mais tu es aussi épuisée. Et ta vie de foi passe à la trappe. Ton temps pour toi, n’en parlons pas. Il est quasiment inexistant. Parce que quand ce n’est pas le moment de faire la crèche, c’est celui du rendez-vous médical, de l’entretien avec la maîtresse, des habits d’hiver à trouver pour ton aîné qui ne rentre plus dans son anorak, et des fêtes familiales à planifier.


Mais demandons-nous franchement : entre Marthe et Marie, laquelle est susceptible de passer à côté de Noël ?



Car que fait-elle, Marie, pendant que sa sœur papillonne ? Elle prépare son cœur. Elle contrecarre cette frénésie en rentrant en elle-même, car elle ne trouve pas le Christ ailleurs. Oui, c’est beau et ça fait rêver. Mais que c’est triste, un monde sans Dieu… Alors Marie continue de faire ce qu’elle faisait avant. Elle se met à l’écoute de son Maître, paisiblement. Et ce qu’elle découvre la saisit : rien de moins que le mystère de l’Incarnation. Rien de moins qu’un tout petit qui vient sur terre pour nous sauver.


Marthe est au bord du burn out, et Marie refait ses forces, puisant à la source de notre foi sa raison de vivre. L’hiver est là, le Seigneur vient. Pourquoi vient-il maintenant, alors qu’il fait froid et nuit ? Parce que c’est là, dans cette nuit la plus noir, au cours de ce jour du solstice (le plus court de l'année) que la lumière brille le plus fort.


Alors, chère maman, fais corps avec cette saison qui débute. Les jours sont courts, et il ne fait pas bon être dehors trop longtemps. Soigne donc ton sommeil, soigne ton intériorité. Ralentis. Il ne tient qu’à toi de ne pas te sentir débordée, mais au contraire, disponible, le cœur ouvert, à l’écoute de ton Roi.


Je te laisse avec cet extrait du livre d’Eline Landon, Burn out maternel et épuisement spirituel

« D’ailleurs, il ne s’agit pas de délaisser notre foyer. Il s’agit avant tout de rester à l’écoute du Seigneur en toutes circonstances et de rester centrées sur notre intériorité. Jésus nous dit qu’une seule chose est nécessaire et que c’est Marie qui l’a trouvée.
(…)
Jean Pliya nous dit : « Dans un monde chancelant, instable, au milieu des mille occupations de nos journées, apprenons à nous posséder nous-mêmes, à conserver âme égale, à demeurer calme. Ne nous croyons jamais débordées. Revenons après chaque effort auprès de Jésus faire le plein, et aucune tâche ne pourra nous épuiser. » »