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Marie, la crèche et les mercredis ...


 

Le soir de Noël, la Sainte Vierge contemplait son enfant avec une joie toute pure. Jamais auparavant elle n'avait ressenti son cœur se déployer autant. Elle tenait entre ses bras, enveloppé de langes, ce petit être qu'elle attendait depuis neuf mois, paisible et endormi contre sa poitrine. Le bébé, Jésus, reconnut son odeur et respira au même rythme qu'elle, cette femme devenue mère, qui lui avait tout donné déjà depuis quelle a dit "oui".


Ce oui, elle l'avait prononcé avec empressement, peut-être en murmurant, intimidée par l'annonce de l'ange à Nazareth, dans le secret de sa demeure. Pensa-t-elle aux réticences de son futur époux, Joseph ? Pensa-t-elle à la fatigue de la maternité, à ses soucis permanents, à ses tourments ? Marie était toute emplie de l'Esprit-Saint, toute immaculée des craintes héritées d'Eve. La mort lui était inconnue, et cet avenir, probablement, déjà entièrement vouée à la Providence divine. Oui, Marie était toute à son bonheur d'avoir un enfant.


Les bergers, puis les Mages s'immiscèrent dans l'intimité de cette accueil heureux. Avec pudeur et adoration, ils reconnurent Jésus, nouveau-né, comme le Roi et le Sauveur de l'humanité. Marie rêvait de sa gloire, elle était toute entière dévouée à cette tâche désirée par le Très-Haut. Cette liesse dura pendant quarante jours, jusqu'à ce que la Sainte Famille fasse route vers Jérusalem pour présenter leur fils premier né et le consacrer au Seigneur. Sur les marches du temple, un vieil homme, Syméon, guettait leur venue. Il attendait, comme Israël, que vienne le Sauveur, et pressentait qu'il le verrait avant de mourir. Aussi, se précipitant sur les jeunes parents, prit-il l'enfant entre ses bras tremblant de gratitude, le bénissant et louant le Seigneur.


Or le pieux homme ne s'arrêta pas à ces paroles réjouissantes. Se tournant vers Marie, il plongea ses grands yeux larmoyants dans les siens, immenses et attentifs. Sa poitrine se serra alors comme jamais, et, à mesure qu'elle l'écoutait, devina les souffrances qui l'attendaient pour offrir au monde le salut.


" (...) et toi-même, une épée te transpercera l’âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient révélées." Luc, 2. 21-35


Puis s'enchainèrent les épreuves de la vie familiale: la crainte des soldats d'Hérode, l'exil dans des régions aux langues inconnues, l'incertitude du lendemain. Marie s'en remettait toujours à la Providence, mais elle était humaine. Elle avait charge d'âme et quelle âme que celle du Fils de Dieu ! Son époux, plus que jamais, se révéla un allié formidable, plein de bon sens et de sécurité pour sa famille.

Puis le calme revint, les années passèrent et Jésus, grandissant, s'échappa pendant leur pèlerinage à Jérusalem alors qu'il entrait dans l'adolescence. Là, saint Luc nous révèle de nouveau l'angoisse de ses parents, de Marie qui craignait pour Lui, veillait sur Lui, afin que puisse s'accomplir le mystère divin.

Enfin, au soir de la Passion, la sainte Mère assista, impuissante, aux innommables souffrances du Christ, jusqu'à l'accompagner, malgré les périls, jusqu'au pied de la Croix. Pouvons-nous imaginer un instant la douleur de cette femme qui assista aux tortures de son enfant ?


Entre la liesse de la Nativité et la douleur de la Crucifixion, Marie a vécu pleinement sa maternité, physique et morale, avant d'entamer sa maternité spirituelle, celle de tous les hommes.

 

Oui, la sainte Vierge a éprouvé toutes les réjouissances de la vie d'une mère, mais aussi tous ses désagréments, ses pires épreuves et la perte terrible d'un enfant. Quel lien avec la crèche, me direz-vous ?


Lorsqu'une femme donne naissance à un petit être dépendant et innocent, elle se donne entièrement à ses besoins, à sa sécurité, à son bien-être. Tout son entourage, grands-mères, grands-oncles, tantes et cousins accourent et comblent de présents, de sourires et de remarques en tout-genre le nouveau-né.

Sa joie se concilie mystérieusement avec la fatigue des réveils nocturnes et de l'allaitement, le soin des aînés s'il y en a, les suites de couche. Ses renoncements font écho au "oui" de Marie. Bien évidemment, nos petits ne sont pas les sauveurs du monde, mais notre vocation est de les faire marcher vers le Ciel. Et en cet instant béni où nous pouvons poser les yeux sur nos enfants, un glaive nous transperce également le cœur.


Les mamans ne me contrediront pas.

Que de tracas nous sommes assaillies en permanence ! Chaque matin nous renouvelons notre promesse et chaque fois, le comportement déstabilisant de nos bambins ou les imprévus nous bousculent et nous découragent: les réveils matinaux désordonnés, les départs précipités à l'école, les trajets quatre fois par jour, les goûters oubliés, les devoirs interminables, les bains et les cris du soir, la prière dissipée.

Sans compter les mercredis, où notre patience est mise à rude épreuve. La "journée des enfants" peut se révéler être un véritable calvaire. Les mamans qui travaillent le reste de la semaine se consacrent entièrement à ces heures attendues avec impatience. Les mères au foyer se réjouissent de pouvoir enfin prendre du temps pour chacun. Or, bien souvent, la plénitude fait place à l'énervement. Les activités des uns et des autres s'enchainent sans que l'on puisse se poser, l'un a besoin d'une course de dernière minute pour son devoir du lendemain, l'autre a de la fièvre et le médecin ne travaille pas ce jour-là, l'ainé claque la porte à chaque service demandé et réveille le petit de sa sieste. Pour couronner le tout, la pluie ne cesse pas de tomber depuis le matin, et tout le monde crie dans la maisonnée. Papa, par-dessus le marché, ne rentre pas avant 19h30 ! Nous n'avons qu'une idée en tête alors, qu'ils aillent bien vite se coucher !


Chères mamans, lorsque vous vous mettez au lit, le soir de ces harassantes journées, épuisées, pensez à la Sainte Vierge Marie dans la crèche, adorant son enfant, comme vous l'avez fait au jour de sa naissance. Louez le Seigneur pour leurs rires, leurs sautillements, leur babillage. Par ses mains, confiez votre fatigue, votre découragement, vos épreuves qui rejoignent la Croix que son Fils a portée sous ses yeux. Car chacune de ces petites stations est une étoile qui illumine le ciel le soir de Noël et vous conduit vers LE Ciel.









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